Le Sénégal confirme sa montée en puissance sur la scène pétrolière africaine. Le champ Sangomar a produit 17,9 millions de barils de brut sur les six premiers mois de 2026, pour un objectif annuel révisé à la hausse à 31,6 millions de barils. Un début prometteur pour ce pays nouveau producteur, qui vise désormais à transformer sa ressource sur place.
Sangomar et GTA : les deux moteurs de la production
Sangomar, opéré par Woodside Energy avec l'État sénégalais via Petrosen, tourne à une capacité de 100 000 barils par jour depuis son démarrage. En juin 2026, trois cargaisons représentant 2,94 millions de barils ont été exportées. Le champ Greater Tortue Ahmeyim (GTA), partagé avec la Mauritanie et adossé au géant BP, a pour sa part exporté trois cargaisons de GNL totalisant 0,49 million de mètres cubes le même mois — ce champ gazier opère depuis décembre 2024 et dispose de réserves estimées à 20 000 milliards de pieds cubes.
Une trajectoire de production accélérée
L'objectif annuel 2026 a été relevé à 31,6 millions de barils, contre une prévision initiale de 28,1 millions. Depuis le démarrage de Sangomar, 70,90 millions de barils ont été produits et 70,47 millions de barils vendus — un ratio de commercialisation quasi parfait. Les revenus d'hydrocarbures projetés pour 2027 s'établissent à 397,8 milliards de FCFA.
La transformation locale, enjeu stratégique
Dakar ne veut plus se contenter d'exporter ses ressources brutes. Un second site de raffinage — SAR 2.0 — est prévu d'ici 2028, pour un coût estimé à 5 milliards de dollars et une capacité portée de 1,5 à 5 millions de tonnes par an. Ce projet permettrait de traiter l'ensemble du brut de Sangomar localement, multipliant par trois le chiffre d'affaires de la Société africaine de raffinage.
Pourquoi c'est important
Le Sénégal est en train de prouver qu'un pays peut entrer rapidement dans le club des producteurs africains et viser simultanément la valeur ajoutée locale. Si SAR 2.0 se concrétise, Dakar ne sera plus seulement un exportateur de brut, mais un hub de raffinage régional capable d'approvisionner toute l'Afrique de l'Ouest — un changement de statut économique majeur pour la région.