Le 25 août 2026, la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) et la délégation de l'Union européenne à Port-Louis se sont réunies pour faire avancer l'implémentation de l'APE élargi aux services — premier accord commercial de services signé en Afrique subsaharienne. Le forum régional des entreprises est désormais en ligne de mire.
Premier APE services d'Afrique subsaharienne
Conclu en juin 2026, l'Accord de partenariat économique (APE) UE-ESA5 regroupe cinq nations de la région Afrique orientale et australe : les Comores, Madagascar, Maurice, les Seychelles et le Zimbabwe. Il constitue le premier accord commercial couvrant les services et l'investissement conclu en Afrique subsaharienne, au-delà des APE classiques limités aux marchandises.
L'accord couvre quatre grands domaines : les services commerciaux, la libéralisation des investissements, le commerce numérique et les marchés publics. Il vise à soutenir la transformation locale et le développement industriel tout en ouvrant l'accès aux 450 millions de consommateurs du marché européen.
MCCI et UE coordonnent l'implémentation
La réunion du 25 août au siège de la délégation de l'UE à Port-Louis a réuni Oskar Benedikt, ambassadeur de l'UE auprès de Maurice et des Seychelles, et Drishtysingh Ramdenee, secrétaire général de la MCCI. Les deux parties ont souligné « l'importance de maintenir un contact régulier avec la communauté des affaires » pour identifier les obstacles concrets rencontrés par les opérateurs économiques et les secteurs les plus porteurs.
La prochaine étape concrète : l'organisation d'un EU-ESA5 Regional Business Forum qui réunira entreprises, investisseurs et décideurs de Maurice, des Seychelles, de Madagascar, des Comores et du Zimbabwe. L'objectif est d'identifier les opportunités commerciales et d'investissement rendues accessibles par l'APE — et d'accompagner les acteurs économiques régionaux dans leur positionnement.
Un accord évolutif et ouvert
L'APE a été conçu pour rester évolutif. Il est « ouvert à d'autres États de la région ESA qui souhaitent le rejoindre lorsqu'ils seront prêts », précise la déclaration commune signée en juin 2026 par Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne, et les ministres des cinq pays membres. Les procédures de signature et de ratification sont désormais engagées dans chaque pays selon ses processus internes.
Maurice joue un rôle moteur : en tant que hub financier et de services de la région, l'île est naturellement placée pour attirer les premières retombées de la libéralisation. La MCCI entend fédérer les entreprises régionales pour qu'elles saisissent les opportunités avant même que la ratification définitive soit achevée.
Pourquoi c'est important
Pour les entreprises de l'Océan Indien, cet APE n'est pas un texte de plus : c'est la porte d'entrée vers le marché le plus intégré du monde. La libéralisation des services et des investissements peut permettre à Maurice, aux Seychelles et à leurs partenaires de capter des flux de capitaux et des contrats que les APE classiques excluaient. Les entrepreneurs qui se positionnent maintenant — avant la ratification définitive — auront un avantage de premier entrant sur le marché européen.
Sources : allAfrica / L'Express Maurice (28 août 2026), EEAS / Délégation UE à Maurice (juin 2026), Témoignages.re.