[MAURICE] Croissance à 3 % en 2026 : l'économie mauricienne ralentit sous les coups de la demande intérieure et des tensions mondiales

Maurice revoit sa croissance 2026 à 2,8-3% (vs 3,2% en 2025). Demande intérieure faible, investissement privé attendu en recul de 1,2%. Le tourisme (+18% de recettes au S1) et les services financiers soutiennent l'économie.

Maurice — Business.OI
Photo : Jimmy Liao / Pexels

Maurice aborde le dernier trimestre 2026 avec une croissance révisée à la baisse, attendue entre 2,8 et 3 %, contre 3,2 % en 2025. Derrière un PIB nominalement plus grand grâce à une révision des comptes nationaux, la réalité est plus contrastée : demande intérieure faible, investissement privé en recul et pressions inflationnistes persistantes.

Un premier trimestre qui donne le ton

La croissance du PIB réel a plafonné à +2 % au premier trimestre 2026, soit presque la moitié du +3,4 % enregistré un an plus tôt. L'inflation s'établissait à 4,9 % en août, alimentée par la hausse des coûts de l'énergie, des transports et du fret maritime, liée aux tensions persistantes au Moyen-Orient. Les économistes qualifient ce contexte de « choc stagflationniste direct ».

Investissement privé : la grande inquiétude

Statistics Mauritius anticipe une baisse de l'investissement privé de 1,2 % en termes réels pour 2026. Les PME souffrent d'un accès difficile au financement, dans un contexte de taux d'intérêt élevés. L'indice des exportations manufacturières avait déjà reculé à 78,1 en 2025, signalant une perte de parts de marché à l'export. La construction reste atone.

Le tourisme résiste, le secteur financier tient

Ce sont les deux piliers qui évitent un décrochage plus prononcé. Les arrivées touristiques ont progressé de 2,1 % en glissement annuel de janvier à juillet 2026, atteignant 804 633 visiteurs. Les recettes touristiques du premier semestre ont bondi de 18 %, à 55,9 milliards de roupies. Les services financiers et l'ICT continuent d'apporter une contribution positive, mais leur profondeur structurelle reste insuffisante pour compenser les faiblesses d'autres secteurs.

Pourquoi c'est important

Cette décélération traduit une vulnérabilité structurelle : une économie mauricienne qui dépend encore trop de quelques secteurs. La réforme du modèle économique — diversification vers les énergies renouvelables, le numérique, les services à haute valeur ajoutée — est plus urgente que jamais. Pour les investisseurs étrangers, Maurice reste attractive, mais la vigilance s'impose.

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