La saga judiciaire du port de Longoni vient de connaître son épilogue : le Conseil d'État a rejeté le recours de Mayotte Channel Gateway (MCG), confirmant définitivement la fin de la délégation de service public (DSP) portuaire au 1er septembre 2026. Dans 38 jours, la seule infrastructure portuaire en eau profonde de Mayotte changera de mains.
De la révocation à l'établissement public
Tout a commencé par une décision du tribunal administratif de Mayotte qui a révoqué la délégation de Mayotte Channel Gateway pour manquements graves. Après un long feuilleton judiciaire, la Cour administrative d'appel a confirmé la résiliation, et le Conseil d'État vient de clore le débat en rejetant la demande de MCG. En parallèle, l'assemblée de Mayotte a voté le 17 juin 2026 la création d'un établissement public portuaire chargé de prendre la relève à partir du 1er septembre.
Un enjeu économique de premier rang
Port de Longoni n'est pas un port ordinaire pour Mayotte : il constitue la seule infrastructure portuaire en eau profonde du territoire, et le point d'entrée incontournable pour les importations de denrées alimentaires, matériaux de construction, hydrocarbures et biens de consommation courante. Une rupture dans la chaîne d'approvisionnement portuaire se répercute immédiatement sur les prix à la consommation et la disponibilité des produits dans les commerces de l'île.
Pourquoi c'est important
La création d'un établissement public est la réponse institutionnelle retenue par les élus mahorais. Mais cette décision n'a pas dissipé toutes les incertitudes : questions de financement, de gouvernance, de transfert de compétences opérationnelles — la transition reste à réussir techniquement. Les acteurs économiques locaux, armateurs et importateurs en tête, attendent désormais des garanties concrètes sur la continuité de l'activité portuaire au-delà du 1er septembre.
Pour les opérateurs régionaux de l'Océan Indien, l'épisode illustre un enjeu plus large : la fragilité des infrastructures stratégiques dans les territoires insulaires et la nécessité d'anticipation des modèles de gestion portuaire avant que les crises ne s'imposent.