Le Conseil économique de développement (EDB) de Maurice a dévoilé son plan d'action pour l'exercice 2026-2027, avec un objectif ambitieux : attirer entre Rs 38 et Rs 40 milliards d'investissements directs étrangers (IDE). Ce plan s'articule autour de plus de 200 actions réparties en 28 initiatives, avec comme fil directeur l'accélération de la réalisation des projets et la simplification du cadre des affaires.
Six secteurs prioritaires pour diversifier l'économie
L'EDB concentre ses efforts sur six filières jugées stratégiques : les services financiers, l'économie bleue, l'agrobusiness, les sciences de la vie, l'économie numérique et la fabrication de haute technologie. Ces domaines sont les leviers identifiés de la transformation structurelle de l'économie mauricienne, dont la croissance est projetée à 3 % en 2026 par la Banque africaine de développement, malgré une dette publique qui dépasse 80 % du PIB.
Missions africaines en septembre, présence aux grands forums
Sur le plan de la prospection internationale, l'EDB prévoit des missions multisectorielles en Éthiopie, en Tanzanie et au Kenya entre le 21 et le 25 septembre 2026, ciblant des investisseurs et partenaires commerciaux africains. Maurice participera également au US-Africa Business Summit en décembre et prépare sa présence à l'EU-Africa Summit prévu pour 2027. Ces démarches s'inscrivent dans la stratégie de repositionnement de l'île comme plateforme d'investissement entre l'Afrique et le reste du monde.
E-Diaspora et « Accord Silencieux » pour accélérer les projets
Parmi les nouvelles initiatives, l'EDB lancera une plateforme E-Diaspora connectant environ 3 000 professionnels mauriciens résidant à l'étranger avec des opportunités d'investissement locales. Le projet de loi sur la facilitation des affaires introduira le principe d'« Accord Silencieux » : si l'administration ne répond pas dans le délai légal, le projet est automatiquement considéré comme approuvé. Sur les 20 projets d'une valeur totale de Rs 29,6 milliards examinés par le conseil, cinq projets représentant Rs 13,7 milliards ont déjà été débloqués.
Pourquoi c'est important
Maurice aspire au statut de pays à revenu élevé, mais ce saut qualitatif exige une mobilisation d'investissements bien supérieure aux niveaux actuels. L'objectif de Rs 40 milliards d'IDE, conjugué à Rs 125 milliards d'investissement privé et à Rs 495 milliards d'exportations de biens et services, dessine l'ampleur du défi. Les missions africaines de septembre seront un premier test grandeur nature de la capacité de Maurice à transformer sa réputation de hub financier en moteur concret de diversification économique régionale.