Le budget mauricien 2026-2027, présenté par le Premier ministre, pose les fondations d'une économie tournée vers l'intelligence artificielle et l'entrepreneuriat. Avec Rs 235,5 milliards de recettes prévues et un déficit ramené à 3,7 % du PIB, l'île affiche une trajectoire de consolidation tout en multipliant les incitations pour les entreprises innovantes.
Une décennie d'exonération pour les startups
La mesure phare du budget : la loi sur les startups accorde désormais une exonération d'impôt sur le revenu de 10 ans à compter du premier jour d'exploitation. Une rupture nette avec les dispositifs antérieurs, qui visait à positionner Maurice comme hub de création d'entreprises dans l'océan Indien. Les jeunes pousses du secteur technologique, de la fintech et des services à haute valeur ajoutée sont les principales bénéficiaires.
Côte d'Or SEZ : un territoire dédié à l'IA
La nouvelle zone économique spéciale de Côte d'Or autorise 100 % de propriété étrangère et propose des tarifs électriques préférentiels pour les entreprises d'intelligence artificielle et du numérique. Couplée à l'ambition déclarée de faire de Maurice un « hub IA de confiance pour les services cloud », cette zone est conçue pour attirer les grands opérateurs technologiques internationaux.
Réforme fiscale : une progressivité assumée
Le budget introduit une fiscalité progressive sur le revenu des personnes physiques : 20 % sur la tranche de Rs 1 à 12 millions de revenus imposables, et 35 % au-delà. Cette réforme met fin au taux unique qui caractérisait jusqu'ici le modèle fiscal mauricien, dans un contexte de pression internationale accrue sur les juridictions à faible imposition.
Industriels et congés parentaux : d'autres signaux forts
Les industriels bénéficieront d'un crédit d'impôt à l'investissement de 45 % étalé sur trois ans. Par ailleurs, le congé maternité est étendu à 12 mois et le congé paternité à 6 semaines — un signal social inédit dans la région. Les fournisseurs de services numériques étrangers (plateformes de streaming, SaaS) devront désormais s'enregistrer à la TVA locale, ouvrant une nouvelle source de revenus pour l'État.
Pourquoi c'est important
Maurice consolide son modèle en articulant deux ambitions jusqu'ici distinctes : l'attractivité pour l'investissement étranger et la montée en gamme de son tissu entrepreneurial local. En accordant une décennie d'exonération aux startups tout en relevant la pression fiscale sur les hauts revenus, Port-Louis choisit de miser sur la création de valeur plutôt que sur le seul statut de place offshore. Un pari stratégique qui repositionne l'île dans la compétition régionale pour les talents et les capitaux. La dette publique, qui doit descendre à 85,5 % du PIB d'ici juin 2027, reste le principal indicateur de surveillance.
Sources : EDB Mauritius, KickOff Mauritius, PwC Mauritius, MCCI — Budget 2026-2027.