Le 10 septembre 2026, Moka accueille la deuxième édition du Pulse of Fintech, l'événement qui symbolise la montée en puissance de Maurice dans le paysage numérique africain. Dans la foulée de son budget 2026-2027 — qui intègre déjà un cadre d'open banking et des règles de tokenisation d'actifs — le gouvernement mauricien a dévoilé sa Stratégie Nationale Fintech 2026-2030, un plan articulé autour de six piliers stratégiques pour hisser l'île parmi les grandes juridictions fintech mondiales.
Une vision structurée en six piliers
La stratégie repose sur un cadre réglementaire agile, le renforcement de l'infrastructure numérique et de la cybersécurité financière, le développement des talents avec un objectif de formation de plus de 5 000 professionnels du secteur par an, le soutien à l'innovation et à la commercialisation, la coopération internationale et la protection des consommateurs. Six piliers interdépendants pensés pour faire de Maurice une passerelle entre l'Afrique continentale et les marchés financiers globaux.
Les secteurs dans le viseur
Open banking, actifs tokenisés, RegTech, finance intégrée et commerce numérique africain : le spectre est large et délibérément ancré dans les tendances mondiales. Le Pulse of Fintech du 10 septembre organisé à Moka — sur invitation, réunissant investisseurs, fondateurs et régulateurs — articulera ses panels autour de l'open banking-as-a-service, des stablecoins et du crédit aux PME via l'intelligence artificielle. Selon Fabrice Boullé, directeur général d'Equitable Ventures, « le secteur fintech africain a mobilisé environ 556 millions USD au premier semestre 2026 ». Un chiffre qui mesure l'appétit des investisseurs pour la région.
De l'aspiration à la mise en œuvre
Le budget 2026-2027 a posé les premières briques concrètes : cadre d'open banking législatif, règles de tokenisation d'actifs réels, réforme de la gouvernance fintech. La stratégie 2026-2030, soutenue techniquement par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (ECA), formalise cette trajectoire sur cinq ans. Maurice passe, selon les termes du secteur, « de l'aspiration à la mise en œuvre ».
Pourquoi c'est important
Pour les décideurs et investisseurs de l'Océan Indien, l'île devient un laboratoire régional où se testent les nouvelles normes du financement numérique africain. Dans la compétition régionale entre Nairobi, Le Cap et Port-Louis pour s'imposer comme hub fintech, Maurice joue la carte de la régulation de qualité et de la stabilité institutionnelle — des atouts différenciants que ses concurrents n'ont pas toujours. La fenêtre est ouverte ; reste à la saisir avant que d'autres ne la referment.
Sources : UNECA, FinanceFeeds, Platform Africa, Finextra, août-septembre 2026.