Statistics Mauritius a publié le 1er octobre 2026 ses nouvelles estimations : la croissance de l'île est attendue à 3 % cette année, en léger recul par rapport aux 3,5 % de 2025. Mais le fait marquant est ailleurs : l'office statistique procède à une révision historique de ses comptes nationaux, changeant l'année de référence de 2018 à 2023.
Une révision qui rebat les cartes
La mise à jour de la base de calcul intègre de nouvelles données sectorielles et une méthodologie actualisée. Résultat : le PIB 2023 a été révisé à la hausse de Rs 58 milliards, soit une correction de 9,1 %, faisant passer l'estimation de Rs 637 milliards à Rs 695 milliards. Le PIB nominal 2026 est désormais projeté à Rs 873,1 milliards, contre Rs 810,3 milliards en 2025. Cette révision ne change pas la réalité économique du terrain, mais elle recalibre les grands ratios — dette/PIB, déficit/PIB — et modifie l'image de solvabilité de l'île auprès des partenaires financiers.
Les secteurs qui tirent la croissance
La valeur ajoutée brute devrait progresser de 3,1 % en 2026. Les technologies de l'information et de la communication affichent la dynamique la plus forte avec +5 %, suivies du transport et de l'entreposage (+4,8 %) et des activités financières et d'assurance (+4,7 %). Le commerce de gros et de détail progresse de 3 %. Ces chiffres confirment la mutation de l'économie mauricienne vers les services à haute valeur ajoutée — un pivot stratégique engagé depuis une décennie et qui résiste aux vents contraires.
L'investissement, point de vigilance
L'investissement total devrait se contracter de 1,1 % en termes réels en 2026, avec un recul de 2,3 % pour l'investissement public. Ce fléchissement, dans un contexte de consolidation budgétaire, pourrait peser sur les capacités productives à moyen terme. Pour les entreprises, c'est le signal que la demande intérieure ne sera pas le moteur principal de l'année — et que l'export et les marchés régionaux restent les horizons à privilégier.
Pourquoi c'est important
À 3 %, Maurice maintient une trajectoire positive dans un environnement mondial incertain. Mais la contraction de l'investissement couplée au ralentissement de la croissance appelle la vigilance des décideurs. La révision des comptes nationaux change aussi les références pour les investisseurs étrangers et les agences de notation — dont l'AfCRA, nouvellement lancée à Port-Louis, qui devra intégrer ces données révisées dans ses premières évaluations du continent.