Le Finance Act 2026/27 de Maurice est entré en vigueur avec son lot de changements majeurs pour les contribuables et les investisseurs. La mesure la plus commentée : la création d'une tranche d'imposition à 35 % pour les revenus annuels dépassant Rs 12 millions (environ 240 000 euros). C'est un bouleversement pour un pays dont la fiscalité flat tax à 15 % puis 20 % constituait l'un des piliers de son attractivité internationale.
La fin du modèle flat tax ?
La mesure supprime la Fair Share Contribution et la remplace par ce nouveau barème progressif. Le taux marginal supérieur passe ainsi de 20 % à 35 %, soit une quasi-doublement pour les revenus les plus élevés. L'objectif affiché : élargir l'assiette fiscale dans un contexte de rigueur budgétaire et d'ajustements recommandés par le FMI, qui a lui-même demandé à Maurice de renforcer son cadre de responsabilité budgétaire.
Le cabinet PwC Mauritius a publié une analyse critique, soulignant que cette évolution pourrait « influencer négativement les décisions d'implantation des entrepreneurs et des talents étrangers ». Depuis 2009, 11 nouvelles taxes ont été introduites à Maurice, ciblant principalement les entreprises, le secteur financier et le numérique.
D'autres mesures en cascade
Le Finance Act 2026/27 ne se limite pas à cette refonte du barème. Il assouplit également la Corporate Climate Responsibility (CCR) Levy en autorisant une compensation par crédit d'impôt à l'investissement. Il introduit en revanche une taxation des fournisseurs ICT non-résidents pour les services numériques étrangers, une mesure qui pourrait créer des tensions avec certains partenaires commerciaux. Enfin, le délai de réclamation de TVA est réduit de 36 à 24 mois, créant un déséquilibre avec le délai de 4 ans accordé à l'administration fiscale (MRA).
Pourquoi c'est important
Maurice a bâti sa réputation de hub financier régional sur une fiscalité compétitive et prévisible. La montée en puissance de la pression fiscale — notamment via ce taux à 35 % — rouvre le débat sur l'équilibre entre consolidation budgétaire et attractivité pour les investisseurs et talents internationaux. La réaction du marché et des grands cabinets de conseil dans les prochaines semaines sera déterminante pour mesurer l'impact réel sur les flux d'investissement entrants.
Source : Defimedia / PwC Mauritius, Finance Bill 2026 ; île-maurice.com ; Finance Act 2026/27