Le Finance Bill adopté en juillet 2026 restructure en profondeur la fiscalité mauricienne : création d'une tranche marginale à 35 % pour les revenus dépassant 12 millions de roupies, exonération d'impôt sur dix ans pour les nouvelles startups technologiques agréées, et accès élargi de la MRA aux données patrimoniales des contribuables. Ce que chaque décideur doit savoir avant de signer.
Un barème à quatre niveaux
Maurice abandonne son système à deux tranches pour adopter une structure progressive à quatre paliers. Les revenus jusqu'à 500 000 roupies restent exemptés (0 %). La tranche intermédiaire de 500 001 à 1 million est taxée à 10 %, celle de 1 à 12 millions à 20 %. Au-delà de 12 millions de roupies — soit environ 240 000 euros annuels — s'applique désormais un taux marginal de 35 %.
Cette nouvelle tranche, qui remplace l'ancienne Fair Share Contribution, n'affecte pas la majorité des résidents et expatriés gagnant moins de ce seuil. Elle cible explicitement les hauts revenus dans un contexte de consolidation budgétaire.
Dix ans sans impôt pour les startups agréées
La mesure la plus structurante pour l'écosystème entrepreneurial est l'exonération fiscale décennale accordée aux nouvelles entreprises technologiques créées après le 19 juin 2026. Pour en bénéficier, trois conditions doivent être réunies : être gérée depuis Maurice, être accompagnée par un incubateur agréé dans le cadre du programme NSIS, et afficher un chiffre d'affaires inférieur à 100 millions de roupies.
Cette disposition marque une évolution nette de la stratégie mauricienne : attirer des startups tech à forte valeur ajoutée, pas seulement des structures financières offshore. L'EDB avait identifié ce levier comme prioritaire dans son plan stratégique 2026-2030.
La MRA renforce sa surveillance patrimoniale
La Mauritius Revenue Authority obtient de nouvelles prérogatives de croisement de données. Elle a désormais accès en temps réel aux factures d'électricité et d'eau, aux données des assurances automobile pour les véhicules d'une valeur supérieure à 2 millions de roupies, et aux données d'état civil. L'objectif : détecter les décalages entre le train de vie observable et les revenus déclarés. Ce dispositif vise particulièrement les résidents disposant d'un patrimoine visible mais de revenus locaux modestes déclarés.
Par ailleurs, les obligations des entreprises au titre du CSR Fund sont renforcées : 50 % des contributions seront reversées à la MRA en 2026, puis 75 % à partir de 2027.
Pourquoi c'est important
Maurice joue sur deux tableaux simultanément : séduire les startups et les talents tech mondiaux via une fiscalité zéro pendant une décennie, tout en resserrant le contrôle sur les hauts revenus pour financer ses priorités sociales. Le signal est clair pour les entrepreneurs : le moment d'y créer une structure agréée est maintenant. Pour les investisseurs institutionnels, la vigilance s'impose face à une MRA qui se dote d'outils de vérification patrimoniale parmi les plus avancés de la région.
Source : Finance Act 2026, Guide-expatriation-maurice.com, juillet 2026.