Maurice double la mise sur l'économie bleue. En août 2026, l'ONU a officiellement reconnu 147 000 km² de plateau continental supplémentaire à proximité de Rodrigues. Dans la foulée, le ministre Arvin Boolell annonce une loi-cadre attendue avant novembre 2026 pour unifier la gouvernance de tous les secteurs océaniques.
Un espace maritime historiquement élargi
La reconnaissance par l'ONU de 147 000 km² de plateau continental additionnel autour de Rodrigues constitue une avancée géopolitique et économique majeure pour Maurice. Ce territoire marin s'ajoute à une zone économique exclusive (ZEE) déjà plusieurs fois supérieure à la surface terrestre de l'île. Les ressources potentielles concernées incluent les fonds marins, les ressources biologiques des grandes profondeurs et les futurs usages de l'économie bleue — énergie des courants, exploitation raisonnée des fonds, aquaculture hauturière.
Une loi-cadre pour mettre fin à la fragmentation
Actuellement, pêche, services maritimes, conservation marine et industries océaniques relèvent d'autorités distinctes, avec des réglementations fragmentées. Cette fragmentation constitue un « coût pour les investisseurs », comme le reconnaît le ministre Boolell. La loi-cadre en préparation centralisera la gouvernance de l'ensemble des activités océaniques sous un cadre unique, simplifiant l'approbation des projets et renforçant l'attractivité du secteur.
« Nous élaborons une loi-cadre qui sera prête avant novembre 2026 », a confirmé Arvin Boolell, ministre de l'Économie bleue, dans un entretien accordé à Eco Austral en juin 2026.
Maurice face aux Seychelles
Les Seychelles avaient émis le premier titre bleu souverain mondial dès 2018, prenant une longueur d'avance dans le financement de l'économie bleue. Maurice, avec son secteur des services financiers plus robuste — l'économie mauricienne est projetée à 17,1 milliards USD par le FMI pour 2026 — dispose des atouts nécessaires pour émettre des instruments de dette océanique comparables et structurer des financements climatiques liés à la conservation marine.
Pourquoi c'est important
L'économie bleue représente le prochain grand levier de croissance pour Maurice et l'Océan Indien dans son ensemble. Les 147 000 km² reconnus par l'ONU constituent un actif stratégique considérable : la loi-cadre à venir déterminera la capacité de l'île à le valoriser efficacement, à attirer les investisseurs et à positionner Maurice comme modèle de gouvernance océanique responsable pour toute la région.
Sources : Eco Austral, juin 2026 ; Rio Times Online, août 2026 ; Ecofin Agency, mai 2026.