Après un premier semestre prometteur porté par les recettes touristiques, Maurice entre dans le dernier trimestre 2026 avec une trajectoire de croissance revue à la baisse. Les économistes tablent désormais sur 2,8 % à 3 % pour l'année — contre 3,2 % en 2025.
Un premier trimestre décevant en signal d'alerte
Le premier trimestre 2026 n'a affiché qu'une croissance de 2 %, contre 3,4 % à la même période l'an passé. Ce ralentissement précoce avait été attribué à la faiblesse de la demande intérieure et à la montée des coûts logistiques et énergétiques. Six mois plus tard, la situation n'a que partiellement évolué. L'économie mauricienne reste résiliente, mais elle entre dans le Q4 sans le souffle d'une accélération.
Tourisme : le seul moteur qui tourne encore
Dans ce tableau en demi-teinte, le secteur touristique reste le pilier. Sur les sept premiers mois de l'année, 804 633 visiteurs ont foulé le sol de l'île, soit une hausse de 2,1 % en glissement annuel. Plus significatif encore : les recettes touristiques du premier semestre ont bondi de 18 %, atteignant Rs 55,9 milliards. L'objectif de 1,47 million d'arrivées pour l'ensemble de 2026 reste en ligne, porté par les marchés européen et asiatique.
Inflation tenace et investissement privé en berne
L'enthousiasme des chiffres du tourisme se heurte à des indicateurs intérieurs préoccupants. L'inflation s'est établie à 4,9 % en août 2026, grevant le pouvoir d'achat des ménages et freinant la consommation domestique. L'investissement privé devrait lui aussi reculer en termes réels — environ 1,2 % — les entreprises se montrant prudentes face aux tensions géopolitiques et à la dépréciation de la roupie.
Les petites et moyennes entreprises pâtissent particulièrement des difficultés d'accès au financement et des retards dans les grands projets d'infrastructure. Le secteur privé attend des signaux clairs sur la trajectoire fiscale avant de s'engager davantage.
Pourquoi c'est important
Le ralentissement de Maurice s'inscrit dans un contexte régional : d'autres économies insulaires de l'Océan Indien font face aux mêmes tensions entre rebond post-Covid et vents contraires macroéconomiques. Pour Port-Louis, l'enjeu est double — diversifier ses moteurs de croissance au-delà du tourisme et restaurer la confiance des investisseurs privés dans un contexte de contrainte budgétaire croissante. Les décisions des prochains mois sur la politique monétaire et les grands chantiers d'infrastructure seront déterminantes pour l'exercice 2027.
Source : Defimedia.info — octobre 2026