Madagascar Oil pousse ses ambitions. L'opérateur du bloc Tsimiroro, dans le bassin de Morondava, vise 600 barils de pétrole par jour d'ici décembre 2026, soit le double de sa production depuis la reprise des opérations en mars 2026. Un cap symbolique qui placerait la Grande Île parmi les producteurs pétroliers actifs du continent africain.
Un projet relancé après des années d'attente
Le champ de Tsimiroro, situé à environ 120 km de la côte ouest malgache, produit un brut lourd d'environ 14° API, à faible teneur en soufre. Madagascar Oil opère dans le cadre d'un accord de partage de production signé avec l'État en 2004, pour une durée de 25 ans (bloc 3104). À la reprise en mars 2026, la production atteignait environ 300 barils/jour, issue de 25 puits existants recommissionnés — 19 puits de production et 6 puits d'injection de vapeur.
Un carburant destiné à la demande intérieure
Le brut lourd de Tsimiroro est destiné en priorité aux centrales thermiques de la Jirama — la compagnie nationale d'eau et d'électricité — et aux applications industrielles. L'enjeu est stratégique : Madagascar importe actuellement la totalité de ses hydrocarbures sous forme de produits raffinés, une dépendance qui expose le pays aux fluctuations des cours mondiaux et aux tensions d'approvisionnement.
Un seuil symbolique, pas une révolution énergétique
Les 600 barils/jour ne suffiront pas à l'autonomie énergétique du pays, dont les besoins sont incomparablement supérieurs. Mais ils représentent une réduction partielle des importations et, surtout, un signal adressé aux investisseurs internationaux sur la maturité opérationnelle du secteur extractif malgache. La Base Toliara (778 millions de dollars d'investissements, première production attendue en 2028) et le projet Rio Tinto QMM constituent les jalons d'une stratégie plus large de valorisation des ressources naturelles.
Pourquoi c'est important
Longtemps considéré comme un pays à fort potentiel minier mais à faible réalisation, Madagascar accumule des signaux positifs en 2026. La montée en puissance de Tsimiroro, conjuguée aux appels répétés du gouvernement à la transformation locale des matières premières, dessine une économie extractive en mutation — qui devra cependant convaincre sur la gouvernance et le partage des bénéfices avec les communautés locales.
Sources : Capmad, 2424.mg, AllAfrica — données juillet 2026.