[MADAGASCAR] Numérique agricole : l'État déploie une infrastructure publique pour moderniser un secteur qui emploie 70 % des actifs

Madagascar lance son Infrastructure Publique Numérique Agricole le 30 juin 2026 : registre des producteurs, prix en temps réel, conseils culturaux. Soutien Banque mondiale et FAO. Le secteur emploie 70 % des actifs.

Madagascar — Business.OI
Photo : Magda Ehlers / Pexels

Le gouvernement malgache a officiellement lancé le 30 juin 2026 à Antananarivo l'Infrastructure Publique Numérique Agricole, un dispositif inédit destiné à transformer la gestion et la compétitivité du secteur agricole. Soutenue par la Banque mondiale, la FAO et trois entreprises privées sélectionnées, cette plateforme interopérable couvre l'agriculture, l'élevage et la pêche — soit l'ensemble des activités primaires représentant environ 30 % du PIB et 40 % des recettes d'exportation de Madagascar.

Trois outils pour révolutionner l'accès à l'information

L'infrastructure repose sur trois solutions numériques complémentaires. Le Registre national des producteurs crée pour la première fois une base de données unifiée de tous les opérateurs agricoles malgaches — un prérequis pour cibler les politiques publiques et les financements. Le Système de surveillance des prix et d'alertes météorologiques fournit en temps réel les cotations des produits agricoles et les données climatiques à l'échelle locale. Enfin, la Plateforme de conseil agricole numérique délivre des recommandations culturales personnalisées selon la géographie et les conditions climatiques de chaque exploitation.

L'ambition affichée est l'interopérabilité et la souveraineté des données : les informations restent sous contrôle malgache, avec une architecture conçue pour évoluer et s'interconnecter avec d'autres systèmes publics. L'assistant technique NextA supervise la mise en œuvre aux côtés des ministères de l'Agriculture, de l'Élevage et du Développement numérique.

Un enjeu massif pour l'économie nationale

L'agriculture malgache emploie environ 70 % de la population active — soit plusieurs millions de ménages ruraux dont les revenus dépendent directement de la productivité des exploitations. Or, le manque d'accès à l'information sur les prix, les intrants et les conditions climatiques constitue l'un des principaux freins à la compétitivité. Des études de la Banque mondiale montrent qu'un accès en temps réel aux données de marché peut augmenter les revenus agricoles de 10 à 25 % dans les pays à faible bancarisation numérique.

Pour Madagascar, dont la croissance a été révisée à 6 % en 2026 dans la Loi de Finances Rectificative, ce programme s'inscrit dans une stratégie plus large de modernisation productive — complétant l'ouverture aux investisseurs égyptiens et le parc éolien inauguré à Fort-Dauphin.

Pourquoi c'est important

Numériser l'agriculture d'un pays où 70 % des actifs travaillent la terre, c'est potentiellement transformer l'économie dans son ensemble. Si ce programme atteint ses objectifs, les producteurs malgaches disposeront d'un accès aux mêmes outils d'information que leurs concurrents des pays émergents. Un saut technologique qui, combiné à une croissance de 6 %, pourrait accélérer l'intégration de Madagascar dans les chaînes de valeur agricoles régionales et mondiales.

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