Madagascar revoit à la hausse ses ambitions économiques pour 2026. Le gouvernement a officiellement révisé sa prévision de croissance à 6 %, contre 4,8 % projetés dans la loi de finances initiale, après validation de la loi de finances rectificative (LFR 2026) par la Haute Cour Constitutionnelle. Un ajustement qui témoigne d'un regain de dynamisme, mais qui s'accompagne de mises en garde des analystes sur la solidité des fondamentaux.
Une révision à la hausse portée par trois moteurs
Le ministère de l'Économie et des Finances identifie trois moteurs principaux de cette accélération. Le secteur des services — portail, numérique, commerce — affiche une robustesse confirmée au premier semestre. L'investissement privé, stimulé par les réformes d'attractivité engagées depuis 2025, progresse dans les secteurs de l'agro-industrie et des infrastructures. Enfin, les industries pétrolières et gazières, en phase d'exploration avancée, contribuent à l'optimisme gouvernemental sur l'horizon 2026-2027.
Une LFR votée sous pression sociale
La loi de finances rectificative pour 2026 a été adoptée à l'Assemblée nationale après plusieurs semaines de débats. Les députés ont notamment priorisé des amendements à caractère social : protection des ménages vulnérables, soutien aux communes dans les zones rurales et renforcement du financement de l'éducation de base. La relance économique s'est imposée comme la ligne directrice, mais l'équilibre avec les urgences sociales a animé des négociations intenses.
Des marges de prudence à conserver
Certains analystes tempèrent l'optimisme officiel. La Banque centrale de Madagascar avait, dans sa note de conjoncture du premier semestre, projeté un taux de croissance plus modeste, à 5,1 %, rappelant la vulnérabilité aux aléas climatiques, la fragilité des finances publiques et la dépendance aux cours mondiaux des matières premières. La révision à 6 % « reflète un effort pour attirer les investisseurs et rassurer les agents économiques », souligne l'économiste Gregory Sileny.
Pourquoi c'est important
Madagascar est le plus grand pays de l'Océan Indien par sa superficie et son potentiel. Une révision de croissance à 6 % — si elle se confirme — placerait la Grande Île parmi les économies africaines les plus dynamiques de 2026, avec un effet d'entraînement attendu sur les échanges régionaux avec Maurice, La Réunion et les Comores. Pour les investisseurs, c'est une fenêtre à saisir : les valorisations restent attractives et les secteurs prioritaires — agro-industrie, logistique, énergie — cherchent des partenaires étrangers.