Le Groupement des entreprises franches et partenaires de Madagascar (GEFP) tire la sonnette d'alarme : 200 000 emplois directs sont aujourd'hui menacés dans les zones franches du pays. En cause, une série de réformes fiscales introduites depuis 2023 qui ont modifié les règles du jeu pour les entreprises exportatrices, au risque de fragiliser durablement l'un des principaux moteurs économiques de l'île.
La loi de stabilité fiscale remise en question
La loi 2007-037 garantissait aux entreprises franches une stabilité fiscale pluriannuelle. Selon le GEFP, les modifications successives introduites par les lois de finances depuis 2023 — nouvelles taxes, charges supplémentaires — contreviennent à cet engagement. À cela s'ajoutent des retards dans le remboursement de la TVA qui pèsent sur la trésorerie des entreprises exportatrices. Pour la fédération, il ne s'agit plus d'un risque théorique : les premières fermetures et réductions d'activité sont en cours.
Un effet domino sur toute l'économie
Le GEFP rappelle que les salaires versés dans les zones franches financent des dépenses essentielles : alimentation, loyer, frais scolaires, transport, santé. Un emploi dans le secteur franc irrigue donc l'ensemble du tissu économique local — transports, restaurants, fournisseurs, artisans. La menace qui pèse sur 200 000 emplois directs représente en réalité un choc pour plusieurs fois ce nombre de personnes.
Les demandes adressées à l'État et au FMI
La fédération exige du gouvernement des engagements clairs : clarification sur l'avenir du régime franc, réalisation d'une étude macro-économique indépendante sur les coûts et bénéfices des zones franches, calendrier crédible de remboursement de la TVA et consultation préalable avant toute nouvelle mesure fiscale. Le GEFP interpelle également le FMI, dont l'influence sur les orientations budgétaires est significative, pour qu'il intègre ces impacts dans ses recommandations.
Pourquoi c'est important
Madagascar joue simultanément sur deux tableaux : d'un côté, son chef d'État courtise des investisseurs égyptiens à travers une visite officielle ; de l'autre, son cadre réglementaire fragilise des partenaires industriels déjà établis. Cette contradiction est un signal d'alarme pour quiconque envisage de s'implanter sur l'île. La crédibilité de l'environnement des affaires malgache se joue sur la capacité du gouvernement à honorer ses engagements fiscaux existants avant d'en promettre de nouveaux.
Sources : Newsmada.com, L'Express Madagascar, Midi Madagasikara.