[MADAGASCAR] SMIG porté à 315 000 ariary : les travailleurs malgaches obtiennent +14 %

Décret du 29 juin 2026 : le salaire minimum malgache passe à 300 000 ariary dès mars, puis 315 000 en octobre, après des semaines de négociations entre syndicats et patronat.

Madagascar — Business.OI
Photo : Léonide Mahajanjy / Pexels

Un décret signé le 29 juin 2026 porte le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de Madagascar à 315 000 ariary d'ici octobre prochain, soit une progression de 14 % sur l'année. Une avancée arrachée après plusieurs semaines de négociations tendues entre syndicats et employeurs.

Deux étapes, un même objectif

Le gouvernement du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a opté pour une revalorisation en deux phases pour amortir le choc sur les entreprises. La première tranche — 300 000 ariary — est entrée en application rétroactivement depuis mars 2026. La seconde tranche, à 315 000 ariary, entrera en vigueur en octobre. Au total, la progression atteint 14 % par rapport au niveau précédent.

Un compromis arraché

Les organisations syndicales réclamaient 360 000 ariary, arguant de la hausse continue du coût de la vie et de l'érosion du pouvoir d'achat des ménages les plus fragiles. En face, le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) avertissait qu'une hausse trop brutale « risquait de fragiliser de nombreuses entreprises », notamment les petites structures confrontées à des marges déjà sous pression.

Le compromis à 315 000 ariary, annoncé par le Premier ministre lui-même, a été accepté par les deux parties sans enthousiasme débordant. « Les négociations avec le patronat et les travailleurs sont maintenant terminées », a sobrement déclaré Mamitiana Rajaonarison. Le ministère du Travail a précisé que des contrôles renforcés seront menés dans les entreprises pour vérifier l'application effective de la nouvelle grille salariale.

Un signal fort sur fond de tensions sociales

La revalorisation intervient dans un contexte de pression sociale croissante à Madagascar. L'inflation alimentaire et la hausse des prix de l'énergie ont rogné le pouvoir d'achat des ménages à revenus modestes depuis 2024. En parallèle, la Banque mondiale vient d'approuver un prêt concessionnel de 225 millions USD pour le projet urbain PRODUIRE II, destiné à améliorer les infrastructures et services dans les grandes villes malgaches.

Pour les syndicats, la revalorisation du SMIG représente un premier pas. Ils ont d'ores et déjà annoncé leur intention de revenir à la table des négociations avant la fin de l'année pour obtenir de nouvelles avancées, notamment sur les indemnités de transport et de logement.

Pourquoi c'est important

Madagascar compte plusieurs centaines de milliers de salariés du secteur formel directement concernés par le SMIG. Cette revalorisation représente un soutien concret au pouvoir d'achat dans un pays où 80 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Elle constitue aussi un signal adressé aux investisseurs étrangers : que le dialogue social existe et que l'État joue son rôle d'arbitre. La prochaine étape sera de contrôler que les entreprises, notamment dans le textile et l'agroalimentaire, appliquent effectivement les nouveaux barèmes.

Sources : Newsmada (3 juillet 2026), AllAfrica (6 juillet 2026), Direction générale du Trésor — Brèves OI semaine du 6 juillet 2026.

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