Madagascar exporte davantage de vanille que jamais, mais n'en tire plus les revenus d'antan. Derrière ce paradoxe, une surproduction mondiale qui écrase les cours de l'« or noir » malgache et fragilise toute une filière.
Des prix planchers que le marché ignore
Sur le papier, l'État malgache fixe des prix minimaux à l'exportation : 50 dollars le kilo pour la vanille noire préparée, 25 dollars pour la G1 « rouge longue » et 15 dollars pour les « cuts » G3, selon le rapport de mai 2026 du courtier Aust & Hachmann. Dans les faits, « les exportateurs peinent à respecter ces minimums », relève le même document, tant l'offre dépasse la demande.
Une récolte pléthorique
La production 2026 est estimée entre 3 000 et 3 500 tonnes, après un cru 2025 qui aurait dépassé 4 000 tonnes, d'après Aust & Hachmann. Résultat : des stocks abondants et des cours qui, corrigés de l'inflation, touchent des « plus bas historiques », loin des sommets atteints vers 2016.
« Des prix insoutenablement bas et une surproduction à grande échelle », sans « reprise significative attendue à court terme » : c'est en ces termes que le rapport de mai 2026 décrit le marché.
Le piège du volume
Au premier trimestre 2026, Madagascar a « doublé son volume d'exportation » de vanille tout en voyant « ses cours brisés », résumait le média 2424.mg. Autrement dit, le pays vend plus pour encaisser moins — une équation dangereuse pour les dizaines de milliers de familles de planteurs de la région Sava.
Pourquoi c'est important
La vanille reste l'un des tout premiers produits d'exportation de Madagascar et une source majeure de devises. Un effondrement durable des cours fragilise la balance commerciale, les recettes fiscales et le revenu rural, au moment même où l'État cherche à financer ses priorités. Tant que la surproduction persistera, aucun prix plancher décrété ne tiendra : c'est l'offre mondiale, et non le décret, qui fixe désormais la loi du marché.