L'Assemblée nationale malgache a adopté, le 23 juin 2026, la loi de finances rectificative (PLFR) pour l'exercice en cours. L'énergie s'impose comme la grande priorité, avec 646 milliards d'ariary consacrés à la transition énergétique et au redressement de la compagnie nationale Jirama.
Un budget gonflé, l'énergie en tête
Le texte porte les dépenses totales à 20 266 milliards d'ariary, pour des recettes attendues de 15 719,3 milliards, soit un déficit couvert par des bons du Trésor et des financements internationaux. Le budget général progresse de 685 milliards d'ariary par rapport à la loi initiale. Au-delà des 646 milliards fléchés vers la transition énergétique et la Jirama, l'État prévoit 419 milliards de subventions au secteur de l'énergie (carburants) et une rallonge de 40 milliards pour la seule Jirama.
Des mesures fiscales ciblées
Le PLFR s'accompagne de plusieurs ajustements : suppression de la TVA de 20 % sur les intérêts bancaires, baisse du droit d'accise sur la bière de 850 à 760 ariary le litre, et exonérations douanières pour des produits de santé publique comme les moustiquaires antipaludéennes. Le ministre de l'Économie et des Finances, Heririjatovo Ramiarison, a défendu « une loi de finances rectificative légitime et équilibrée », répondant aux besoins de la population et aux priorités de développement.
La Jirama, chantier permanent
Le redressement de la compagnie publique d'électricité et d'eau reste un serpent de mer. En parallèle, la Jirama a lancé un vaste programme de 46 projets solaires visant 932 mégawatts de capacité, afin de réduire les délestages et la dépendance aux carburants importés qui plombent ses coûts de production.
Le budget rectificatif liste par ailleurs plusieurs priorités au-delà de l'énergie : accès à l'eau, éducation, réhabilitation routière, infrastructures hydrauliques, portuaires et commerciales, ainsi que la reconstruction post-cyclonique et le soutien au secteur informel. Cet éventail traduit l'ampleur des besoins d'un pays où les infrastructures de base restent le premier frein à l'activité. Reste que la multiplication des postes de dépenses, dans un cadre où les recettes demeurent inférieures aux dépenses, pose la question récurrente de la soutenabilité et de la capacité de l'État à mobiliser les financements annoncés.
Pourquoi c'est important
L'électricité est le premier goulet d'étranglement de l'économie malgache : sans énergie fiable, ni l'industrie ni les investisseurs ne suivent. En concentrant l'effort budgétaire sur l'énergie, Antananarivo mise sur le levier le plus structurant pour sa croissance. Reste la question de l'exécution, dans un pays où les annonces budgétaires butent régulièrement sur la réalité des décaissements.