L'Office des mines et des industries stratégiques (Omnis) de Madagascar a présenté sa feuille de route 2026-2030 en 16 projets structurants. L'État entend reprendre la main sur ses ressources : réouverture des permis miniers suspendus depuis 2010, nouveau modèle de partage pétrolier et exigences d'investissements sociaux obligatoires pour les opérateurs.
Seize projets pour refonder la gouvernance minière
Après trois mois de travaux, l'Omnis a soumis un plan stratégique 2026-2030 articulé autour de 16 projets. L'objectif central : renforcer le contrôle de l'État sur les activités minières et pétrolières tout en garantissant un meilleur retour financier au pays. Le ministre des Mines, Carl Andriamparany, est direct : « Celui qui veut exercer une activité minière doit apporter une contribution, notamment à travers des investissements sociaux. »
Les permis miniers rouverts après 16 ans de gel
L'une des mesures phares de ce plan est la reprise des demandes de permis miniers, suspendues depuis 2010 à la suite d'abus et d'un déficit de gouvernance. La réouverture s'accompagne d'exigences renforcées : investissements sociaux, participation communautaire et engagement environnemental. Une tentative de rééquilibrer les rapports entre l'État, les opérateurs étrangers et les populations locales.
Pétrole : 500 blocs en attente, un nouveau contrat à bâtir
Madagascar dispose de plus de 500 blocs pétroliers terrestres et offshore. Un nouveau modèle de contrat de partage de production est en cours d'élaboration pour mieux encadrer la relation État-compagnies. Les discussions portent notamment sur les gisements d'huile lourde, sur la base d'un accord remontant à 2004 — un cadre jugé désormais insuffisant face aux enjeux actuels. Le général Tsilavonjato Honoré Andriantaolo, directeur général de l'Omnis, supervise cette transformation.
Pourquoi c'est important
Le secteur minier reste l'un des grands moteurs de développement potentiel de Madagascar, mais il a longtemps été marqué par des inégalités dans le partage de la rente et un manque de transparence. Cette réforme arrive dans un contexte tendu avec le FMI et après des annonces d'accélération de l'investissement public. Si elle se traduit en actes, elle pourrait repositionner la Grande Île comme destination d'investissement minier plus prévisible et équitable — et attirer de nouveaux capitaux africains et internationaux dans ses ressources stratégiques.