[MADAGASCAR] S&P Global confirme la note B- avec perspective stable : les marges de résilience tiennent

S&P Global Ratings maintient la note B- de Madagascar avec perspective stable en août 2026. Croissance projetée à 3,1 %, dette à 40,2 % du PIB, réserves de change au-dessus de six mois d'importations.

Madagascar — Business.OI
Photo : Ayoub Galuia / Pexels

L'agence S&P Global Ratings a confirmé début août 2026 la note souveraine B-/B de Madagascar, assortie d'une perspective stable. Une confirmation attendue mais qui dessine une trajectoire précise : des fondamentaux qui tiennent, des risques qui s'accumulent.

Les chiffres de la stabilité

S&P projette une croissance de 3,1 % en 2026, qui s'accélérerait à 4,2 % d'ici 2029, portée par les investissements miniers, les infrastructures et la consolidation du secteur des services. La dette publique est estimée à 40,2 % du PIB en 2026 — un niveau jugé gérable par l'agence, même si elle anticipe une hausse à 44,2 % à l'horizon 2029. Le déficit budgétaire devrait rester à 4,7 % du PIB cette année, avant de redescendre progressivement vers 4 % d'ici 2029. L'inflation, en revanche, demeure préoccupante à 8,4 % en 2026.

Ce qui protège la Grande Île

S&P identifie trois facteurs de soutien. En premier lieu, des réserves de change supérieures à six mois d'importations à fin 2025, un coussin solide face aux chocs externes. Ensuite, un soutien continu des bailleurs internationaux avec des engagements renouvelés. Enfin, une structure de dette favorable : essentiellement concessionnelle, à long terme, avec des charges d'intérêts relativement basses. La vigueur de l'agriculture — riz, maïs, manioc — est également citée comme amortisseur structurel.

Les risques identifiés

L'agence ne masque pas les vulnérabilités. L'incertitude politique pèse sur la décision d'investissement. La dépendance aux importations alimentaires et énergétiques expose Madagascar aux chocs des marchés mondiaux. Et Jirama, la compagnie nationale d'électricité, reste un point de fragilité des finances publiques que S&P surveille de près comme facteur de dégradation potentielle.

Pourquoi c'est important

Une note souveraine stable conditionne le coût du financement international et la capacité de l'État à lever des obligations sur les marchés. Pour Madagascar qui cherche à attirer des capitaux privés dans ses mines, ses infrastructures et son tourisme, le maintien de B- stabilise le cadre — sans ouvrir encore l'accès aux marchés plus larges. La prochaine revue sera scrutée de près, notamment si Jirama requiert une injection budgétaire significative.

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