Lors d'une visite historique — la première d'un chef d'État malgache au Caire depuis l'établissement des relations diplomatiques en 1970 — le colonel Andry Rajoelina Randrianirina et le président Abdel Fattah el-Sissi ont scellé cinq accords de coopération dans des secteurs vitaux pour l'économie malgache.
Cinq accords pour des secteurs stratégiques
Les deux pays ont signé cinq mémorandums d'entente portant sur les énergies renouvelables, le dessalement de l'eau, l'agriculture, la santé et les infrastructures. Ces domaines reflètent les priorités urgentes du gouvernement malgache : accès à l'énergie (seul un tiers de la population est électrifiée), sécurité alimentaire et couverture sanitaire.
Du côté égyptien, la Gafi — Autorité générale pour l'investissement et les zones franches — pilote la mobilisation du secteur privé. L'Égypte se positionne en investisseur structurant, fort de son expérience dans la construction de centrales solaires à grande échelle et dans les technologies de dessalement à moindre coût.
Un partenariat ancré dans le COMESA
Les deux nations sont membres du COMESA (Marché commun de l'Afrique orientale et australe), ce qui facilite les flux commerciaux et les investissements croisés dans un cadre réglementaire commun. La visite a également été marquée par un geste de solidarité : l'Égypte avait apporté une aide humanitaire à Madagascar après le passage du cyclone Gezani.
Le président malgache a évoqué l'étude d'ouverture d'une ambassade résidente au Caire, signal de la volonté d'inscrire ce partenariat dans la durée. La table ronde organisée début août à Antananarivo a réuni une délégation d'opérateurs malgaches et les représentants de la Gafi pour identifier les projets prioritaires.
Pourquoi c'est important
Pour Madagascar, l'Égypte représente une alternative aux partenaires traditionnels et un accès à des technologies de pointe dans l'énergie et l'eau. Pour l'Égypte, la Grande Île offre un marché de plus de 30 millions d'habitants et une porte d'entrée sur l'Afrique australe. Cette diplomatie économique bilatérale, si elle se traduit en projets concrets, pourrait changer l'équation énergétique et agricole du pays dans la décennie à venir.
Source : L'Express Madagascar / Amwal Al Ghad / Newsmada — juillet-août 2026