Madagascar écrit une nouvelle page de son histoire énergétique. En juillet 2026, le premier parc éolien du pays a été mis en service à Fort-Dauphin (Tolagnaro), dans la région Anôsy. Ce projet, développé par QIT Madagascar Minerals (QMM) en partenariat avec CrossBoundary Energy, représente une rupture technologique et symbolique pour une île où plus de 80 % de la population n'a pas accès à un électricité fiable.
Une infrastructure hybride de 30 MW
Le parc éolien compte 19 turbines pour une capacité installée de 16 MW. Associé aux installations solaires existantes (14 MW), le site constitue désormais un complexe hybride éolien-solaire de 30 MW au total, complété par un système de stockage par batteries (BESS) d'une capacité de 16 MWh. Cette configuration permet de lisser la production selon les conditions météorologiques et d'assurer une fourniture stable.
Le parc couvre « la majorité des besoins opérationnels du site minier QMM » tout en injectant les surplus dans le réseau local de la Jirama, l'opérateur national, au profit des ménages et des entreprises de Fort-Dauphin.
Un modèle de mine durable
Cette infrastructure s'inscrit dans le programme « Sustainable Mining » de QMM, filiale du géant minier Rio Tinto. L'objectif : réduire les émissions de carbone industrielles en substituant les générateurs diesel par des sources renouvelables. L'équation économique est aussi attractive : une énergie renouvelable produite sur site réduit les coûts opérationnels et rend le site moins vulnérable aux fluctuations des prix du carburant.
La semaine du 24 août, la Banque africaine de développement pour l'agriculture (BADEA) a par ailleurs confirmé étudier un financement pour la réhabilitation de la RN5, axe routier crucial reliant Fort-Dauphin au reste du pays. Si ce financement se concrétise, il compléterait l'infrastructure énergétique pour désenclaver véritablement la région.
Pourquoi c'est important
Chaque mégawatt renouvelable installé à Madagascar n'est pas seulement une victoire environnementale — c'est un signal adressé aux investisseurs : le pays est capable d'héberger des projets d'infrastructure complexes avec des partenaires internationaux de premier plan. Le parc de Fort-Dauphin montre que la transition énergétique peut partir du secteur minier, réputé énergivore, pour irriguer ensuite les communautés locales. Un modèle reproductible dans d'autres zones enclavées de l'île.