[MADAGASCAR] Port Sec III à Toamasina : 200 millions de dollars pour un hub logistique régional

200 millions de dollars, 1 500 emplois permanents, une connexion ferroviaire : Tsarakofafa accueillera Port Sec III, la future plateforme logistique qui transformera le corridor de Toamasina en hub régional de premier plan.

À 8 kilomètres du port de Toamasina, le site de Tsarakofafa est en passe de devenir le cœur battant de la logistique malgache. Le projet de Plateforme Multimodale Logistique et Portuaire (PMLP) — surnommée « Port Sec III » — prévoit un investissement de 200 millions de dollars pour créer une interface terrestre capable d'absorber les flux croissants du plus grand port en eau profonde de l'Afrique de l'Est.

Un projet aux dimensions industrielles

Les travaux préliminaires démarrent en août 2026 avec la construction d'une route d'accès et d'un parking de 500 camions. À terme, la plateforme accueillera des infrastructures logistiques complètes, des zones de dépotage et — point stratégique — une connexion ferroviaire qui relirait le site au réseau existant. Le directeur général Heritiana Anicet Randriambahoaka n'a pas mâché ses mots : « Tsarakofafa réunit toutes les conditions pour développer une plateforme logistique moderne et performante. »

L'impact économique projeté est substantiel : entre 60 et 100 milliards d'ariary de chiffre d'affaires annuel selon l'horizon de maturité du projet (entre 5 ans et au-delà), et la création d'environ 1 500 emplois permanents, auxquels s'ajouteront plusieurs milliers de postes temporaires durant les travaux.

Un contexte social sensible

Le développement du site implique le relogement d'environ 270 personnes dont les habitations se trouvent dans l'emprise du projet. Plus de 100 d'entre elles ont accepté d'être relocalisées vers Port Sec II. Le traitement de cette dimension sociale sera déterminant pour la crédibilité et la fluidité du projet.

Le port de Toamasina est déjà le premier port en eau profonde d'Afrique de l'Est, avec une capacité doublée ces dernières années grâce à l'extension financée par la JICA japonaise. Port Sec III s'inscrit dans cette dynamique d'expansion, en résolvant le goulet d'étranglement terrestre qui limite l'efficacité de l'ensemble du corridor logistique.

Pourquoi c'est important

Madagascar monte en puissance sur l'échiquier logistique régional. Avec Toamasina qui vise le statut de hub de l'Afrique de l'Est, et maintenant Port Sec III pour traiter les flux terrestres en aval, l'île engage une transformation structurelle de son économie. Pour les investisseurs de la région OI, c'est une opportunité à saisir avant que les concurrents — Mombasa au Kenya, Dar es Salaam en Tanzanie — ne consolident davantage leur position.

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