Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un financement de 200 millions de dollars pour un projet multimodal de transport et de logistique à Madagascar, cofinancé par la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB). Ce programme ambitieux, qui s'intègre dans un soutien total de 1,1 milliard de dollars aux infrastructures malgaches, vise à désenclaver la Grande Île et à connecter ses marchés intérieurs aux ports d'exportation.
Un projet à cinq volets
Le programme couvre l'ensemble de la chaîne logistique malgache. Au cœur du dispositif : la réhabilitation du chemin de fer Tananarive-Côte Est sur 371 kilomètres, ligne historique qui relie la capitale Antananarivo au port de Toamasina mais qui est à l'arrêt depuis des années faute d'entretien. La remise en service de cette liaison ferroviaire permettrait de réduire drastiquement les coûts de transport des marchandises agricoles et industrielles entre l'intérieur du pays et la façade maritime.
Le projet prévoit également la construction d'un port sec et d'une plateforme logistique multimodale près d'Antananarivo, ainsi que la réhabilitation des ports de Majunga sur la côte ouest et de Tuléar au sud. La réouverture de 200 kilomètres du canal des Pangalanes — voie d'eau parallèle à la côte est reliant une série de lacs côtiers — complétera ce réseau.
3,8 millions de personnes bénéficiaires
Les études d'impact identifient 3,8 millions de bénéficiaires directs, principalement des populations rurales jusqu'ici enclavées ou contraintes d'emprunter des pistes dégradées pour acheminer leur production. Des améliorations sont également prévues pour les aéroports régionaux de Toamasina, Fort-Dauphin et Tuléar, renforçant la connectivité aérienne dans un pays où les distances sont immenses.
Pour les opérateurs économiques, la modernisation de la chaîne logistique réduit les coûts de transaction, accélère les délais d'acheminement et ouvre de nouveaux marchés d'exportation — des conditions indispensables pour valoriser les ressources agricoles (vanille, girofle, litchis) et minières (graphite, cobalt, nickel) de Madagascar.
Un signal pour l'investissement privé
Ce financement intervient dans un contexte favorable : Madagascar a révisé sa croissance à la hausse à 6 % pour 2026, tirée par les services, l'investissement privé et l'exploitation pétrolière naissante. La Banque mondiale rejoint d'autres bailleurs — BAD, AIIB, Union européenne — dans un consensus croissant sur le potentiel de la Grande Île, à condition de résoudre le déficit infrastructurel chronique qui pèse sur sa compétitivité.
Pourquoi c'est important
Un pays de 30 millions d'habitants avec des ressources naturelles considérables mais des routes impraticables et des ports sous-équipés, c'est un potentiel économique bloqué à la source. Ce plan d'infrastructure de 200 millions de dollars — couplé à un soutien total de 1,1 milliard — est la condition sine qua non pour que Madagascar transforme sa croissance statistique en développement économique réel et durable.
Source : Banque mondiale, communiqué de presse du 28 avril 2026.