Madagascar intensifie sa diplomatie économique. Une délégation menée par le colonel Michaël Randrianirina a rencontré les autorités égyptiennes de promotion des investissements pour explorer de nouvelles coopérations. Mais le gouvernement pose des conditions fermes — et le secteur privé, lui, tire la sonnette d'alarme.
200 000 emplois dans la balance
Le Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) a lancé une alerte en juillet : jusqu'à 200 000 emplois directs sont menacés par l'instabilité économique actuelle, les nouvelles taxes et les obligations fiscales accumulées entre 2023 et 2026. Ce chiffre illustre l'urgence dans laquelle le gouvernement cherche à attirer des capitaux frais.
Antananarivo fixe les règles du jeu
Le chef de l'État a été explicite lors des échanges avec la délégation égyptienne : « Nous ne cherchons pas simplement du financement. Nous cherchons des projets complets, bien structurés et durables. » Le gouvernement exige des partenaires qui s'engagent sur le long terme, transfèrent des technologies, forment le personnel local et collaborent avec les entreprises malgaches — tout en respectant les normes environnementales et fiscales.
Un secteur privé sous tension
Le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), principale organisation patronale, a suspendu en fin juin sa participation à tous les mécanismes de dialogue public-privé, dénonçant un « déni de justice prolongé » à l'égard de cinq de ses représentants dans l'affaire CNaPS. Ce bras de fer interne fragilise le front uni que le gouvernement tente de présenter aux investisseurs étrangers.
Pourquoi c'est important
Madagascar dispose d'atouts réels — vanille, cacao, nickel, cobalt, position géographique dans l'Océan Indien — mais peine à concrétiser les engagements d'investissement. L'ouverture vers l'Égypte, un partenaire peu habituel, signale une volonté de diversifier les sources de capitaux au-delà des circuits traditionnels. La clé : réconcilier l'exigence gouvernementale de projets « durables et structurés » avec un secteur privé local qui réclame d'abord justice et prévisibilité.
Sources : L'Express Madagascar, Newsmada, août 2026.