[MADAGASCAR] Investissements publics : taux d'exécution à 24 % et des routes qui coûtent 2 % du PIB

Madagascar a tenu sa première revue budgétaire en 6 ans : exécution à 24 % seulement, routes dégradées qui coûtent 2 % du PIB par an. Le gouvernement appelle à des mesures correctives urgentes par ministère.

Madagascar — Business.OI
Photo : Hậu Phan / Pexels

Madagascar a tenu sa première revue de l'exécution budgétaire en six ans. Réunie à Ivato, au Centre de conférences international, l'administration a dressé un bilan sans concessions : le taux global d'exécution du financement intérieur plafonne à 24,84 %, soit 503,22 milliards d'ariary sur les 2 026,09 milliards programmés. Pour les seules infrastructures, on atteint à peine 32,41 %.

Des causes bien identifiées

Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison n'a pas édulcoré le diagnostic : malgré des réalisations concrètes enregistrées, l'exécution globale reste faible. Le ministre des Finances Herinjatovo Aimé Ramiarison a pointé un facteur récurrent : « Les procédures d'indemnisation des personnes affectées par les grands projets ralentissent souvent les investissements. » Les lourdeurs administratives et les problèmes de gouvernance constituent l'autre frein majeur.

Du côté du financement extérieur, la situation est encore plus tendue : 8,84 % seulement (608,53 milliards sur 6 875,87 milliards programmés). Pour les infrastructures financées de l'extérieur, le taux atteint 17,47 % — les prêteurs et bailleurs internationaux ont décaissé davantage que l'État lui-même.

La route, nerf de la guerre économique

Le ministre Ramiarison a mis en évidence le coût invisible du sous-investissement : « La mauvaise qualité des routes coûte environ 2 % du PIB par an à Madagascar. » Mais l'inverse est tout aussi vrai : des routes de qualité peuvent augmenter la capacité productive des agriculteurs de 40 %. Cette statistique illustre à elle seule l'ampleur des gains potentiels d'un programme d'infrastructures enfin exécuté à la hauteur des ambitions.

Pourquoi c'est important

La tenue de cette revue semestrielle — absente depuis six ans — est elle-même un signal positif : le gouvernement entend piloter la dépense publique, pas seulement la voter. Chaque ministère doit désormais proposer des mesures correctives assorties de délais précis. Pour les investisseurs étrangers, la traçabilité et la transparence des fonds publics sont des conditions non négociables. Madagascar a posé le diagnostic ; reste à démontrer la capacité d'exécution.

Source : Newsmada / AllAfrica, août 2026 — Revue de l'exécution budgétaire, Ivato.

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