Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a tiré la sonnette d'alarme : l'exécution budgétaire des investissements dans les infrastructures est « très faible » au premier semestre 2026. Des taux de décaissement insuffisants fragilisent les projets de développement dont Madagascar a urgemment besoin.
Des procédures administratives qui paralysent l'action publique
Selon le ministre des Finances Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, les procédures de décaissement des fonds sont trop complexes et trop lentes. Résultat concret : les indemnisations dues aux riverains dans le cadre de projets d'infrastructure d'une durée de trois ans peuvent prendre la totalité de la période d'exécution avant d'être versées, bloquant de fait les travaux dès leur démarrage.
Les secteurs les plus affectés sont les routes et transports, l'énergie et le développement industriel — trois piliers indispensables à la compétitivité économique du pays. Le coût de cette inaction est chiffré : une mauvaise gestion de l'entretien routier représente environ 2 % du PIB de pertes annuelles pour l'économie malgache.
Une loi de finances rectificative adoptée en urgence
Face à un contexte dégradé — les cyclones Fitia et Gezani ont pesé lourd sur les finances publiques, aggravés par la hausse des prix du pétrole — le gouvernement a adopté une loi de finances rectificative. Celle-ci réintroduit des restrictions à l'importation et supprime certaines exonérations fiscales, notamment sur le riz, pour préserver les équilibres budgétaires.
Pourquoi c'est important
Madagascar cible une croissance de 6 % en 2026, mais cet objectif ne sera atteint que si les investissements publics se concrétisent sur le terrain. Dans un pays où l'agriculture de subsistance reste dominante, les infrastructures routières et énergétiques sont des leviers de transformation économique directs. Les partenaires internationaux — FMI, Banque mondiale — et les investisseurs privés suivent de près la capacité de l'État à débloquer ces financements.
Source : allAfrica / 2424.mg, 3 août 2026.