Après seize ans de gel, l'industrie minière malgache reprend souffle. En janvier 2026, les nouvelles autorités ont officiellement levé le moratoire sur les permis miniers, ouvrant la voie à plus de 1 650 demandes accumulées et à un potentiel d'investissements directs étrangers estimé entre 10 et 15 milliards USD, selon les analystes du secteur (discoveryalert.com).
Un sous-sol stratégique pour la transition énergétique mondiale
Madagascar dispose d'atouts miniers considérables. Le pays figure dans le top 10 mondial pour le nickel, avec 8,2 millions de tonnes de ressources identifiées — un métal dont la demande pour les batteries devrait être multipliée par 3 à 4 d'ici 2040, portée par l'essor des véhicules électriques. Le graphite malgache, particulièrement prisé pour les batteries lithium-ion, positionne l'île comme le principal fournisseur non-chinois à l'échelle mondiale, à une époque où les chaînes d'approvisionnement occidentales cherchent à diversifier leurs sources.
Le projet Ambato-Arana de graphite (LION Energy) a d'ailleurs reçu une avancée décisive en 2026 avec la levée d'une suspension de permis vieille de seize ans, un signal fort pour les investisseurs internationaux.
Un secteur encore sous-exploité
Malgré ces ressources, le secteur minier ne représente actuellement que moins de 5 % du PIB malgache. L'informalité reste un défi majeur : si le Ghana a réussi à formaliser 65 % de son secteur aurifère artisanal, Madagascar opère encore à moins de 5 % de taux de formalisation dans l'or — une fragilité structurelle que les nouvelles autorités s'engagent à corriger.
La société Energy Fuels, sur son projet Toliara (titanium/zirconium), attend une décision d'investissement définitive courant 2026, ce qui pourrait déclencher un effet d'entraînement sur d'autres dossiers en attente.
Pourquoi c'est important
Pour l'Océan Indien, la réouverture minière malgache est un chantier régional. Maurice, Les Seychelles et La Réunion ont tout intérêt à être des partenaires de service, de financement et de logistique pour les projets qui émergeront. À l'échelle mondiale, Madagascar dispose d'une carte rare : celle d'un acteur minier crédible et non-chinois dans les minéraux critiques pour la décarbonation. La question n'est plus de savoir si le potentiel existe — il est documenté — mais si les infrastructures, la gouvernance et la stabilité politique seront au rendez-vous.
Sources : discoveryalert.com, africanminingmarket.com, capmad.com — 2026.