Après six ans d'absence, Madagascar a relancé sa revue semestrielle de l'exécution budgétaire. Les résultats, présentés début août 2026 sous la présidence du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, révèlent un tableau contrasté : 24,84 % d'exécution sur financement interne et seulement 8,84 % sur financement extérieur. Face à ce constat, le gouvernement passe en mode accélération forcée pour le second semestre.
Les chiffres bruts du premier semestre
Sur les 2 026,09 milliards d'ariary programmés en investissements sur financement interne, 503,22 milliards ont été réalisés à mi-parcours. Les projets d'infrastructure financés localement affichent un taux légèrement meilleur, à 32,41 % (397,58 milliards réalisés sur 1 226,63 milliards programmés). Pour les financements extérieurs — beaucoup plus importants en volume avec 6 875,87 milliards d'ariary programmés — le taux d'exécution ne dépasse pas 8,84 %, soit 608,53 milliards réalisés.
Les routes, nerf de la guerre économique
L'infrastructure routière concentre les priorités. Les autorités estiment que l'état dégradé du réseau routier coûte environ 2 % de PIB chaque année à Madagascar. À l'inverse, des infrastructures de qualité pourraient augmenter la capacité de production des acteurs économiques de 40 %. Routes, écoles, centres de santé, réseaux électriques et accès à l'eau dominent l'agenda des investissements publics.
Les obstacles identifiés et les mesures correctives
Le Premier ministre a pointé plusieurs freins structurels : des procédures de compensation des populations affectées jugées trop lourdes, des contrôles administratifs multiples sur les marchés publics, et des méthodes de travail à réformer. Chaque ministère a été sommé de remettre un plan correctif assorti de délais précis avant la fin du troisième trimestre. La transparence et les sanctions contre la corruption ont également été mises à l'ordre du jour.
Pourquoi c'est important
L'accélération de l'exécution budgétaire n'est pas qu'une question comptable : c'est la condition pour que les projets d'infrastructure promis se transforment en réalité économique. Pour les entreprises du BTP, les fournisseurs et les sous-traitants locaux, chaque milliard d'ariary débloqué représente un carnet de commandes. Pour les communautés rurales, c'est une route goudronnée, un raccordement électrique, un dispensaire fonctionnel. Madagascar dispose des moyens et des plans — il s'agit désormais de les mobiliser avec discipline.