[MADAGASCAR] Croissance révisée à 6 % en 2026 : services et investissements privés tirent l'économie

Madagascar revoit sa prévision de croissance à 6 % pour 2026, contre 4,8 % initial. Services, investissements privés et pétrole/gaz tirent la révision, après une performance réelle de 6,1 % en 2024.

Madagascar — Business.OI
Photo : Léonide Mahajanjy / Pexels

Le gouvernement malgache a revu à la hausse sa prévision de croissance pour 2026, la portant à 6 %, contre 4,8 % inscrit dans la loi de finances initiale. Cette révision de +1,2 point représente un signal fort adressé aux investisseurs, dans un contexte de consolidation du nouveau pouvoir exécutif et de reprise progressive de la consommation intérieure.

Les moteurs d'une révision ambitieuse

Selon les autorités, la dynamique provient de trois secteurs clés :

  • Les services : la branche la plus structurante de l'économie formelle progresse à un rythme soutenu, portée par la téléphonie mobile, le commerce de détail et les activités financières émergentes.
  • L'investissement privé : après deux années de frilosité post-crise politique, les opérateurs nationaux et internationaux reprennent confiance. Les secteurs minier, agricole (vanille, cacao) et de l'agro-industrie absorbent une part croissante des capitaux.
  • Le pétrole et le gaz : les projets d'exploration et d'exploitation existants maintiennent une contribution positive à la valeur ajoutée nationale.

Une performance qui s'inscrit dans la durée

La révision n'est pas un accident : en 2024, Madagascar avait déjà enregistré une croissance de 6,1 %, soit le meilleur niveau depuis plusieurs années. La prévision de 2026 s'aligne donc sur une trajectoire réelle, et non sur une extrapolation optimiste. La Banque africaine de développement (BAD) et le FMI avaient pour leur part tablé sur une fourchette de 4,8 % à 5,4 % — le chiffre gouvernemental se situe donc dans le haut de cette fourchette révisée.

Les bémols que tout décideur doit connaître

L'analyste Gregory Sileny, cité par Africa24, nuance : « La déclaration du ministre vise peut-être à attirer les investisseurs via un narratif optimiste rassurant. » Les défis structurels demeurent : infrastructures insuffisantes, pression fiscale complexe et fragilité institutionnelle restent des freins que la révision chiffrée ne gomme pas.

Pourquoi c'est important

Un taux de 6 % placerait Madagascar parmi les économies africaines à croissance rapide en 2026, dans un contexte continental où la moyenne tourne autour de 4 %. Pour les décideurs de l'Océan Indien, cela signifie une Grande Île qui reprend du poids économique — un marché de 30 millions de consommateurs dont la demande intérieure commence à s'organiser. Les secteurs agroalimentaire, logistique et numérique sont les plus accessibles à de nouveaux entrants régionaux.

Source : Africa24 TV / 2424.mg, janvier–août 2026

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