Le gouvernement malgache a révisé à la hausse sa prévision de croissance pour 2026, la portant à 6 % contre 4,8 % dans la loi de finances initiale. Cette révision de 1,2 point s'appuie sur des performances meilleures qu'attendu dans les secteurs pétrolier, gazier et des services, ainsi que sur une dynamique de l'investissement privé.
Une trajectoire de rebond confirmée
La révision à la hausse s'inscrit dans une trajectoire positive : Madagascar avait enregistré 6,1 % de croissance en 2024, avant une projection de 7,8 % pour 2025. La prévision 2026 à 6 % marque certes un ralentissement par rapport à l'élan 2025, mais reste significativement au-dessus du consensus d'Afrique subsaharienne, estimé autour de 4 % pour la même période.
Selon Africa24, cette performance est principalement portée par l'expansion des secteurs pétrolier et gazier, la croissance des services, la hausse de l'investissement privé et une reprise progressive de la consommation intérieure.
Des moteurs structurels qui se consolident
Le secteur pétrolier et gazier de Madagascar bénéficie d'une attention croissante des investisseurs internationaux depuis plusieurs années. Le pays dispose de ressources confirmées en hydrocarbures, et plusieurs projets d'exploration restent actifs. Parallèlement, le secteur des services — notamment les technologies de l'information et les centres de services — continue sa montée en puissance, porté par une jeune population anglophone et francophone disposant d'une main-d'œuvre qualifiée à coût compétitif.
L'investissement privé a également progressé, en partie stimulé par le projet de Port Sec III à Toamasina, qui vise à faire de l'île un hub logistique régional avec 200 millions de dollars d'investissement.
Des réserves à ne pas minorer
Si le gouvernement a révisé ses projections à la hausse, des observateurs soulignent que la communication optimiste répond aussi à des objectifs de signal envers les marchés et les investisseurs. Madagascar reste confronté à des défis structurels : infrastructures insuffisantes, vulnérabilité aux cyclones, et une gouvernance fiscale qui doit encore se consolider pour ancrer durablement la confiance des investisseurs étrangers.
Pourquoi c'est important
Une croissance à 6 % place Madagascar dans le peloton de tête africain et renforce son attractivité pour les capitaux régionaux de l'Océan Indien et au-delà. Pour les opérateurs mauriciens, réunionnais ou seychellois qui cherchent à se positionner sur des marchés frontières à fort potentiel, Madagascar représente une opportunité de premier ordre — à condition d'intégrer les risques opérationnels avec discernement.