Madagascar a revu à la baisse sa prévision de croissance économique pour 2026, la ramenant à 3,8 % contre un objectif initial de 4,8 %. Des chocs exogènes conjugués à des fragilités structurelles internes ont conduit les autorités malgaches à ajuster leur trajectoire de l'année.
Un écart d'un point qui compte
Une révision à la baisse d'un point de pourcentage n'est pas anodine pour une économie dont le PIB par habitant reste parmi les plus faibles d'Afrique subsaharienne. L'Agence africaine de développement (AfDB) projetait initialement une croissance allant jusqu'à 6 % pour 2026 — un objectif désormais hors d'atteinte. Les autorités évoquent des «chocs exogènes» : incertitudes commerciales mondiales, volatilité des prix des matières premières et pressions sur les recettes d'exportation.
Énergie et industrie sous pression
Le secteur énergétique reste une contrainte structurelle majeure pour Madagascar. Les délestages réguliers de la Jirama, compagnie nationale d'électricité, pèsent sur la productivité industrielle et retardent les décisions d'investissement de nombreux opérateurs privés. Cette contrainte énergétique est citée régulièrement par les investisseurs étrangers comme l'un des principaux freins à leur déploiement sur l'île.
Agriculture et mines : des atouts sous pression
L'agriculture, qui emploie la grande majorité de la population active malgache, reste vulnérable aux aléas climatiques. Les quelque 1 650 dossiers miniers en instance après la levée du gel administratif de 16 ans n'ont pas encore généré de revenus tangibles pour le budget de l'État. La filière nickel-cobalt, portée par les complexes d'Ambatovy, reste sous pression face à la concurrence asiatique et à la volatilité des cours mondiaux.
Des fondamentaux qui résistent
Malgré la révision, une croissance de 3,8 % demeure supérieure à la moyenne mondiale. Madagascar dispose d'atouts considérables : biodiversité unique, ressources naturelles diversifiées, population jeune et dynamique, et position stratégique dans l'Océan Indien. Le hub logistique en construction à Toamasina — financé à hauteur de 200 millions de dollars — constitue un pari sur le long terme pour améliorer la connectivité régionale de l'île.
Pourquoi c'est important
Pour les partenaires de la zone OI — Maurice, La Réunion, Comores — Madagascar représente à la fois un marché d'avenir et une source potentielle d'instabilité régionale. Une croissance en deçà des attentes limite les importations malgaches et ralentit l'intégration économique régionale. C'est aussi un rappel que la résilience collective de l'Océan Indien reste en partie conditionnée à la trajectoire de son pays le plus peuplé.
Sources : 2424.mg, Midi Madagasikara, AfDB.