Le gouvernement malgache a adopté un budget rectificatif 2026 pour corriger une trajectoire fiscale heurtée et débloquer ses investissements publics. Après une chute des recettes de 10 % au premier trimestre par rapport à 2025, une reprise de 6 % a été enregistrée au deuxième trimestre. Mais le défi central reste la faiblesse chronique des taux de décaissement des projets d'investissement.
Recettes en dents de scie, réforme d'urgence adoptée
Le premier trimestre 2026 a été marqué par une contraction significative des recettes fiscales malgaches, pénalisées par l'impact des cyclones Fitia et Gezani sur l'activité économique, mais aussi par une hausse des importations qui a pesé sur la balance des paiements. Le deuxième trimestre a affiché un rebond de 6 % par rapport à la même période de 2025, témoignant d'une reprise de l'activité.
Pour stabiliser les finances publiques, le gouvernement a adopté un budget rectificatif qui supprime les exonérations fiscales sur le riz importé et les vêtements d'occasion. Une mesure pragmatique pour élargir l'assiette fiscale et réduire la dépendance aux financements extérieurs à court terme.
Le gouffre des investissements non décaissés
Le problème structurel le plus préoccupant reste le faible taux d'exécution des projets d'investissement public. Routes, énergie, industrie : les crédits sont souvent alloués, mais les décaissements ne suivent pas. Selon les autorités malgaches, 2 % du PIB sont perdus chaque année uniquement en raison du manque d'entretien des routes — une infrastructure dégradée qui renchérit la logistique, pénalise la compétitivité et décourage l'investissement privé.
Des familles affectées par certains projets d'infrastructure attendent toujours leurs indemnisations, révélant des lacunes procédurales qui freinent le déblocage des fonds. Ce problème d'exécution n'est pas marginal : il conditionne directement l'efficacité des financements multilatéraux alloués au pays, notamment ceux de la Banque mondiale.
Pourquoi c'est important
La Grande Île ambitionne une croissance de 6 % en 2026 — un objectif crédible sur le papier, mais entièrement conditionné à une exécution budgétaire efficace. Pour les opérateurs régionaux déjà positionnés sur Madagascar — dont une quarantaine d'entreprises égyptiennes qui ont récemment signé un accord de coopération avec l'EDBM — la capacité de l'État à débloquer ses investissements et à honorer ses engagements est désormais un critère de décision central. Le budget rectificatif est un premier signal, mais le vrai test sera l'exécution sur le terrain d'ici la fin de l'année.
Sources : AllAfrica / L'Express Madagascar / Banque africaine de développement