[AFRIQUE] WAIIS Freetown : Elumelu, Sanwo-Olu et Bio mobilisent 180 milliards de dollars pour transformer l'Afrique de l'Ouest

Tony Elumelu, Sanwo-Olu et Bio présentent le WAIIS : 180 milliards USD de pipeline d'investissement pour 400 millions d'Ouest-Africains. Le sommet se tient à Freetown du 16 au 18 novembre 2026.

Afrique — Business.OI
Photo : The Silvagraph / Pexels

Les leaders du secteur privé et les chefs d'État d'Afrique de l'Ouest ont franchi une étape décisive cette semaine. Tony Elumelu, le gouverneur de Lagos Babajide Sanwo-Olu et le président de la Sierra Leone Julius Maada Bio ont présenté à Lagos le programme d'investissement du West Africa Investment and Industrialisation Summit (WAIIS), qui se tiendra à Freetown du 16 au 18 novembre 2026. L'ambition est claire : mobiliser un pipeline de plus de 180 milliards de dollars pour transformer une région de 400 millions d'habitants.

Quatre piliers pour un marché commun de 400 millions de personnes

Le pipeline d'investissement est structuré en quatre axes complémentaires. Le premier cible le commerce de l'énergie et la croissance industrielle, condition sine qua non pour lever le verrou énergétique qui freine la compétitivité régionale. Le deuxième porte sur les minéraux stratégiques et l'exploitation des ressources naturelles, dans un contexte de demande mondiale croissante pour les métaux de la transition énergétique.

Le troisième pilier s'attaque à l'agro-industrie et à la transformation des systèmes alimentaires, avec l'objectif de réduire la dépendance alimentaire importée. Le quatrième, enfin, vise la transformation numérique et la connectivité, pour que l'Afrique de l'Ouest rattrape son retard sur les infrastructures internet et les services financiers mobiles.

L'Africapitalisme comme moteur

Tony Elumelu, coprésident du WAIIS et fondateur de la Tony Elumelu Foundation, remet l'Africapitalisme au cœur du débat : c'est le secteur privé africain, et non la seule aide publique, qui doit créer des emplois pour la jeunesse du continent. « L'Afrique doit construire ce que les Africains utiliseront et consommeront », a résumé Sanwo-Olu.

Julius Maada Bio, hôte du sommet, insiste sur l'enjeu de la réciprocité intra-régionale : une CEDEAO qui célèbre ses 50 ans d'existence en 2026 doit enfin devenir un marché commun opérationnel, capable de générer des projets « bancables » attirant capitaux publics et privés.

Un mécanisme de suivi pour éviter les promesses sans lendemain

L'une des nouveautés du WAIIS est la création d'un secrétariat permanent chargé de suivre les engagements et de faire avancer les projets entre les sommets. Les organisateurs veulent éviter l'écueil des grandes conférences panafricaines où les annonces se succèdent sans exécution. Des institutions de financement du développement, des investisseurs institutionnels et des porteurs de projets seront réunis à Freetown pour identifier des mécanismes de dérisquage adaptés aux réalités locales.

Pourquoi c'est important

Pour l'Océan Indien, le dynamisme de l'Afrique de l'Ouest n'est pas une abstraction géographique. Maurice, principal hub financier africain, est déjà positionné pour structurer une partie des flux d'investissement liés au WAIIS. Madagascar et les Comores pourraient bénéficier d'une CEDEAO revigorée qui renforcerait les corridors commerciaux continentaux. Un pipeline de 180 milliards dollars concrétisé ne changerait pas seulement l'Ouest — il repositionnerait l'ensemble du continent.

Ne manquez rien de l'actualité business de l'Océan Indien

Rejoignez les décideurs qui lisent Business.OI chaque matin.

L'essentiel de l'éco de l'Océan Indien, chaque matin. S'abonner
Observatoire