[SEYCHELLES] Stratégie croisière 2026-2033 : 170 millions de dollars pour moderniser les ports et garder les revenus dans l'archipel

Les Seychelles ont adopté une stratégie nationale de tourisme de croisière 2026-2033, dotée de 170 millions de dollars pour moderniser les ports et retenir les revenus dans l'économie locale.

Seychelles — Business.OI
Photo : Nothing Ahead / Pexels

Les Seychelles ont formellement adopté une stratégie nationale de tourisme de croisière couvrant la période 2026-2033, dotée d'un budget de SCR 2,32 milliards — soit environ 170 millions de dollars. L'objectif affiché : ne plus subir la croissance des escales, mais la piloter activement au profit de l'économie locale. Le cadre a été validé par les autorités en avril 2026 et sa mise en œuvre est déjà engagée.

Un constat d'urgence : les revenus fuient vers les opérateurs internationaux

L'archipel accueille chaque année des dizaines de milliers de passagers en escale, mais les autorités reconnaissent que « seule une fraction modeste de ce que les croisiéristes dépensent reste effectivement dans l'archipel », le reste étant capté par les compagnies maritimes et leurs réseaux de prestataires internationaux. Cette fuite représente un manque à gagner structurel pour les entreprises seychelloises du transport, de l'excursion et de l'hôtellerie.

Quatre piliers pour 2026-2033

Le plan prévoit en premier lieu la modernisation des infrastructures portuaires de Port Victoria : quais, espaces passagers et zones publiques waterfront. En parallèle, le gouvernement investit dans la montée en compétence des prestataires locaux — tour-opérateurs, chauffeurs, artisans — pour capter une part plus large des dépenses à terre. La stratégie fixe également un plafond de durabilité : qualité des visiteurs plutôt que volume, pour protéger les écosystèmes marins qui constituent le principal actif touristique de l'archipel. Enfin, un système de suivi environnemental permanent sera déployé dans les zones sensibles.

Un montage financier mixte sur sept ans

Le budget de SCR 2,32 milliards sera mobilisé via quatre canaux : fonds publics, partenariats public-privé, appuis de bailleurs multilatéraux et contributions des compagnies de croisière elles-mêmes. L'ensemble du déploiement s'échelonne jusqu'en 2033, avec des priorités d'investissement définies par phase.

Pourquoi c'est important

Les Seychelles affichent déjà le PIB par habitant le plus élevé d'Afrique — 17 670 dollars. Mais la dépendance au tourisme, qui représente près de 70 % des recettes en devises, crée une vulnérabilité structurelle. En ancrant davantage de retombées dans l'économie locale et en imposant des critères de durabilité, Mahé entend consolider un modèle de croissance résilient, cohérent avec ses engagements en matière d'économie bleue et de protection du milieu marin.

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