Le Conseil d'administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé le 22 septembre un prêt de 34 millions de dollars aux Seychelles. C'est la troisième et dernière phase du Programme d'appui à la résilience économique et à la relance verte (ERGRSP), qui porte le financement total à 84 millions de dollars sur trois ans.
Trois ans de réformes, 84 millions de dollars investis
Les deux premières phases du programme avaient reçu 25 millions de dollars chacune, en 2024 et 2025. Cette troisième phase clôture un cycle de réformes structurelles sans précédent dans l'archipel. Les résultats sont déjà mesurables : les recettes fiscales des entreprises sont passées de 6,4 % du PIB en 2023 à 8,2 % en 2025, soit une hausse de près de 28 %. Les services publics numériques ont progressé de 10 % entre 2023 et 2024, et le crédit au secteur privé a affiché une croissance de 12,1 % en 2024 — au-delà des cibles initiales du programme.
Les priorités de la phase finale
La troisième phase cible quatre axes complémentaires. D'abord, la gouvernance fiscale : mise en place de la facturation électronique et d'un système national de passation de marchés électroniques. Ensuite, l'environnement des affaires : création d'un guichet unique pour l'investissement et d'un centre de services aux entreprises. La résilience climatique constitue le troisième pilier, avec une planification énergétique à long terme, une planification spatiale marine et la réforme des institutions agricoles. Enfin, un cadre national de salaire vivant est attendu dans cette phase finale.
Un partenaire stratégique dans la transition économique
Pour les Seychelles, la BAD est un partenaire central depuis la crise Covid-19. L'archipel, dont l'économie dépend à plus de 70 % du tourisme, a engagé depuis 2021 une diversification vers la finance, l'économie bleue durable et les services numériques. Le programme ERGRSP incarne cette transition : il ancre des réformes structurelles qui attirent les investisseurs privés et renforcent la résilience face aux chocs externes.
Pourquoi c'est important
Le signal est double. Pour les Seychelles, la clôture réussie d'un programme triennal BAD renforce la crédibilité auprès des marchés financiers internationaux. Pour la région, cela démontre qu'un petit État insulaire peut mener des réformes profondes et mesurables en moins de trois ans. Un modèle que les Comores ou Mayotte pourraient observer avec intérêt.
Source : Devdiscourse, Banque africaine de développement, 22 septembre 2026.