[RÉGIONAL/OI] L'UE conclut un accord de partenariat économique modernisé avec Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles

Le 10 juin 2026, l'UE a conclu un APE modernisé avec Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles. Échanges bilatéraux : 9,7 Mds EUR. Services, investissements, commerce numérique et durabilité au menu de ce nouveau cadre historique.

Océan Indien — Business.OI
Photo : Thomas Parker / Pexels

Le 10 juin 2026, l'Union européenne a finalisé un accord de partenariat économique (APE) modernisé avec quatre États insulaires de l'océan Indien : Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles. Ce texte, qui doit encore franchir les étapes de ratification interne, marque un tournant dans les relations commerciales entre l'UE et la région depuis le premier APE signé en 2009.

Un accord qui va bien au-delà du commerce des marchandises

L'APE modernisé couvre cinq domaines structurants. En matière de services et d'investissements, l'accord améliore la sécurité juridique pour les entreprises européennes et locales, avec un traitement non discriminatoire garanti. Il ouvre l'accès aux marchés publics de manière transparente et établit des règles claires pour le commerce numérique, incluant la suppression des droits de douane sur les transmissions électroniques.

La protection de la propriété intellectuelle est également renforcée : 135 indications géographiques européennes — vins, fromages, produits du terroir — bénéficieront d'une protection juridique dans les quatre pays signataires, ce qui devrait faciliter les importations de produits européens premium dans la région. En contrepartie, les producteurs locaux bénéficient d'une meilleure protection de leurs propres appellations.

Un partenariat commercial de 9,7 milliards d'euros

Les échanges entre l'UE et ce groupe de quatre pays représentaient 9,7 milliards d'euros en 2024 : 5,2 milliards d'euros d'importations européennes en provenance de la région et 4,5 milliards d'euros d'exportations vers celle-ci. L'UE représente 24 % des échanges de biens et 33 % des échanges de services de ces quatre économies insulaires — une dépendance commerciale qui confère à cet accord un poids considérable.

Les engagements en matière de durabilité constituent une nouveauté par rapport à l'APE de 2009 : le texte inclut des clauses contraignantes sur les droits du travail, les standards environnementaux et l'égalité de genre, avec des mécanismes de suivi. Ces dispositions reflètent l'évolution de la doctrine commerciale de Bruxelles, qui lie désormais accès au marché et respect des normes sociales.

Des ratifications encore nécessaires

L'accord conclu en juin 2026 doit encore passer par les procédures internes de chaque pays signataire, ainsi que par la ratification du Parlement européen. Des voix critiques se font entendre dans la région — l'eurodéputé réunionnais Younous Omarjee a notamment souligné les risques de concurrence pour les producteurs des DOM/PTOM non signataires — mais les gouvernements des quatre États insulaires ont accueilli favorablement le texte.

Pourquoi c'est important

Pour Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles, cet APE modernisé n'est pas seulement un accord commercial : c'est un signal d'alignement stratégique sur les standards européens, susceptible d'attirer des investissements directs étrangers et de renforcer la crédibilité régionale. Dans un contexte de recomposition des chaînes d'approvisionnement mondiales, accéder à un cadre commercial stable avec le premier bloc économique mondial constitue un avantage compétitif majeur pour l'Océan Indien.

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