Conclu le 10 juin 2026, l'accord de Partenariat Économique Renforcé (EPA) entre l'Union européenne et les quatre États insulaires de l'Océan Indien — Comores, Madagascar, Maurice et Seychelles — est présenté comme « le premier accord de libre-échange moderne et complet de l'UE avec des partenaires en Afrique subsaharienne ». Un texte qui engage 9,7 milliards d'euros d'échanges annuels et redéfinit les règles du jeu pour les opérateurs de la région.
Un commerce de 9,7 milliards d'euros à consolider
En 2024, les échanges entre l'UE et ces quatre îles représentaient 9,7 milliards d'euros : 5,2 milliards d'importations européennes et 4,5 milliards d'exportations. La structure est atypique : 58 % du total provient des services — tourisme, services financiers, transport — et 42 % des marchandises. L'UE est déjà le premier partenaire commercial de ces îles, représentant 24 % de leurs échanges en biens et 33 % en services.
Ce que l'accord change concrètement
Au-delà des droits de douane réduits sur les marchandises, l'EPA renforcé couvre des domaines jusque-là absents des accords commerciaux ACP-UE classiques :
- Commerce numérique : interdiction permanente des droits de douane sur les transmissions électroniques et des obligations de localisation des données — une avancée clé pour l'économie numérique mauricienne et le secteur fintech régional ;
- Marchés publics : ouverture progressive aux opérateurs des quatre États ;
- Agriculture, pêche et aquaculture : accès facilité aux marchés européens pour les exportateurs de thon, vanille et produits de la mer ;
- Propriété intellectuelle : reconnaissance des indications géographiques, notamment pour les rhums et produits artisanaux de la région.
Un signal fort pour les investisseurs
L'accord apporte une « certitude juridique accrue pour les entreprises » — formulation bruxelloise pour dire que les règles du jeu sont désormais prévisibles sur le long terme. Pour un investisseur qui hésite entre une implantation à Maurice, à Madagascar ou aux Seychelles, c'est un argument supplémentaire : l'accès au marché unique européen de 450 millions de consommateurs s'accompagne désormais d'un cadre contractuel solide.
Pourquoi c'est important
Pour les 36 millions d'habitants des quatre îles, cet accord n'est pas anodin. Il constitue un levier de diversification économique dans un contexte post-Covid difficile, et ouvre des perspectives concrètes dans le numérique, la pêche et les services. Reste à transformer la signature en bénéfices tangibles : la ratification et la mise en œuvre effective seront les prochains indicateurs à suivre.
Source : Commission européenne — DG Trade, 10 juin 2026