Un tournant commercial majeur pour l'Océan Indien. Le 11 juin 2026, l'Union européenne et quatre pays de la zone ESA (Afrique orientale et australe) — les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles — ont conclu les négociations d'un accord de partenariat économique (APE) renforcé. Ce texte étend la coopération bien au-delà du simple commerce de marchandises : il couvre les services, les investissements, les marchés publics, la propriété intellectuelle, le commerce numérique et les règles de durabilité agricole.
Un marché de 450 millions de consommateurs
Pour les entreprises des quatre pays signataires, l'accord ouvre un accès préférentiel au marché intérieur européen fort de 450 millions de consommateurs — et réciproquement, il facilite les investissements et la coopération commerciale de l'UE dans la région. Les secteurs des services, du numérique et des marchés publics, longtemps moins bien couverts par les APE traditionnels axés sur les marchandises, bénéficient désormais d'un cadre clair et contraignant.
La polémique de l'exclusion réunionnaise et mahoraise
L'accord n'a pas fait l'unanimité. Younous Omarjee, vice-président du Parlement européen, a dénoncé publiquement le processus de négociation : « La Commission européenne a avancé vers la conclusion de cet APE sans consulter les îles ultramarines européennes de l'océan Indien. » La Réunion et Mayotte — territoires de l'UE implantés dans la zone — ont été tenues à l'écart des négociations, alors que l'accord pourrait affecter directement leurs secteurs agricoles et leurs marchés publics.
L'eurodéputé s'est engagé à consulter les deux territoires avant le vote du Parlement, pour évaluer l'impact sur les équilibres économiques, sociaux et environnementaux de l'Océan Indien.
Pourquoi c'est important
Cet accord repositionne collectivement les quatre îles signataires sur l'échiquier commercial mondial. Pour les PME de la région, il crée des opportunités réelles d'export vers l'Europe dans des secteurs à forte valeur ajoutée — services numériques, agroalimentaire certifié, pêche durable. Mais les bénéfices ne seront concrets que si les États membres investissent dans leurs capacités productives et logistiques. La ratification — d'abord par le Conseil de l'UE, puis par le Parlement européen — reste l'étape décisive, et la controverse sur l'exclusion réunionnaise pourrait en ralentir le calendrier.
Source : Outremers360 / Délégation UE à Maurice / La1ère, juin 2026.