La Banque Centrale des Comores (BCC) a présenté ses orientations stratégiques pour 2026 sur fond d'une année 2025 solide : une croissance de 3,8 %, la meilleure depuis la crise sanitaire, et une inflation ramenée de 5,1 % à 3,3 %. Sous la direction du gouverneur Dr Younoussa Imani, l'institution se positionne désormais comme le moteur d'une modernisation financière profonde de l'archipel.
Komor Pay, Komor Switch : la révolution des paiements est lancée
Parmi les chantiers phares de 2026 figurent trois projets numériques majeurs : Komor Pay (système de paiement mobile), Komor Switch (plateforme d'interopérabilité bancaire) et un Hub de paiement national. À ces outils s'ajoute le réseau d'agents « Mali Ya Wakazi » — littéralement « la richesse des habitants » — conçu pour rapprocher les services bancaires des populations rurales et insulaires, encore largement sous-bancarisées.
L'objectif est explicite : ramener les services financiers au plus près des citoyens sans passer par des succursales physiques coûteuses. Dans un archipel de trois îles principales et plusieurs îlots, l'agent banking représente une révolution d'accès qui pourrait transformer l'économie de la diaspora comorienne — l'une des plus importantes d'Afrique subsaharienne en proportion de la population.
Un secteur bancaire en expansion réelle
Les chiffres confirment la dynamique : le bilan consolidé des banques comoriennes a atteint 262,3 milliards de francs comoriens à fin 2025, soit une hausse de 14 % sur un an. Les crédits à l'économie ont progressé de 8 % à 145,8 milliards de francs. Ces résultats sont portés par la construction et l'amélioration de la fourniture électrique, deux secteurs qui stimulent l'investissement privé.
Deux autres réformes structurelles sont en préparation : la création d'un mécanisme de crédit-bail et d'une Société de garantie des Comores pour faciliter le financement des PME locales — longtemps freinées par l'absence de collatéraux bancables. Des nouveaux statuts renforçant l'indépendance institutionnelle de la BCC viendront compléter ce dispositif.
Pourquoi c'est important
Les Comores restent l'un des pays les moins bancarisés de l'Océan Indien. L'initiative de la BCC représente un saut structurel : si Komor Pay et le réseau Mali Ya Wakazi atteignent leurs objectifs, ce sont des centaines de milliers de ménages qui accéderont pour la première fois à des services de paiement formels. Pour les investisseurs régionaux, c'est aussi le signal que les Comores entrent dans une nouvelle phase de leur développement financier — avec toutes les opportunités que cela crée.