[NIGERIA / AFRIQUE] Les IDE bondissent de 148 % à 4 milliards USD malgré la chute des investissements africains

Le Nigeria attire 4 milliards USD d'IDE en 2025 (+148 %), selon l'UNCTAD, alors que les investissements vers l'Afrique chutent de 26 %. Les réformes de Abuja paient, mais la concentration dans le pétrole interroge.

Afrique — Business.OI
Photo : Taiwo Samson / Pexels

Le Nigeria a attiré 4 milliards de dollars d'investissements directs étrangers (IDE) en 2025, soit une hausse de 148 % par rapport aux 1,61 milliard de 2024, selon le Rapport mondial sur l'investissement 2026 de l'UNCTAD publié le 5 août 2026. Un rebond spectaculaire qui contraste avec le recul de 26 % des IDE vers l'ensemble du continent africain.

Le Nigeria redevient une destination de premier rang

Avec ces 4 milliards de dollars, le Nigeria réintègre le Top 5 des destinations africaines les plus attractives pour les IDE. Le pays avait subi une forte désaffection des investisseurs étrangers ces dernières années, pénalisé par l'instabilité du naira, les contrôles de change et un environnement des affaires complexe. Les réformes engagées depuis 2023 — unification du taux de change, suppression des subventions aux carburants — semblent produire leurs premiers effets tangibles sur les flux d'investissement.

Le pétrole, toujours au cœur des flux

Les secteurs pétrole, gaz et énergie concentrent l'essentiel de ces flux. L'UNCTAD souligne que cette concentration dans les industries extractives soulève des interrogations sur la qualité de l'investissement : ces capitaux génèrent-ils une véritable industrialisation, des emplois de qualité et une compétitivité exportatrice durable ? Des analystes appellent le Nigeria à « ne pas confondre afflux de capitaux et création de valeur économique durable ».

Un contexte africain difficile

En 2025, les IDE vers l'Afrique ont chuté de 26 % à environ 70 milliards de dollars — soit seulement 4,3 % des flux mondiaux, alors que le total mondial progressait de 6 % à 1 624 milliards USD. Ce décrochage traduit des facteurs structurels persistants : instabilité politique dans plusieurs régions, accès difficile au financement, déficit d'infrastructure.

Un signal pour les investisseurs de la région

Le rebond nigérian démontre qu'une réforme économique résolue peut rapidement inverser la perception des investisseurs. Pour les acteurs de l'Océan Indien qui regardent vers l'Afrique continentale, c'est un signal clair : le Nigeria, avec ses 220 millions de consommateurs et sa place de première économie africaine, reste un marché-cible incontournable malgré ses défis.

Pourquoi c'est important

Pour les entreprises mauriciennes, réunionnaises et malgaches positionnées comme plateformes d'accès au marché africain, le regain d'attractivité du Nigeria confirme la direction à prendre. Maurice, en particulier, ambitionne d'être le hub financier de l'Afrique : un Nigeria qui capte 148 % de capitaux supplémentaires est à la fois un concurrent à surveiller et un partenaire potentiel à cultiver.

Source : UNCTAD, World Investment Report 2026, publié le 5 août 2026.

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