Un an après le passage du cyclone Chido, l'économie mahoraise affiche un rebond porté par les travaux de reconstruction, selon le dernier rapport annuel de l'IEDOM (Institut d'Émission des Départements d'Outre-Mer). Les importations ont bondi de près de 26 % pour dépasser 300 millions d'euros — un niveau sans précédent — mais les fragilités structurelles de l'île persistent.
La reconstruction comme moteur de croissance
Le secteur du BTP (bâtiment et travaux publics) constitue le principal moteur de l'activité économique en 2025-2026. La réhabilitation des logements, des bâtiments publics et des infrastructures endommagées par Chido génère une demande sans précédent en matériaux de construction, équipements et main-d'œuvre. L'investissement public — soutenu par les enveloppes de l'État français et des collectivités locales — accompagne la dynamique privée.
L'explosion des importations reflète directement cette intensité : matériaux de construction, équipements industriels et véhicules dominent les achats à l'extérieur. Les ménages ont également stimulé la consommation, notamment via le crédit bancaire pour financer les travaux de réhabilitation — l'activité de crédit à la consommation s'est notablement renforcée sur la période.
Une inflation maîtrisée malgré le choc
Point remarquable : l'inflation est restée modeste à 1,3 % en glissement annuel malgré l'afflux de demande lié à la reconstruction. Ce résultat témoigne d'une gestion efficace des flux d'approvisionnement et d'une capacité d'absorption du marché local supérieure aux craintes initiales.
Des fragilités qui ne disparaissent pas
L'IEDOM met néanmoins en garde contre un optimisme excessif. Mayotte reste confrontée à un chômage élevé, des infrastructures insuffisantes face à une croissance démographique soutenue, et une dépendance persistante aux transferts publics de l'État. L'agriculture a lourdement souffert du cyclone, compromettant les objectifs d'autonomie alimentaire à court terme. L'accès à l'eau potable reste un défi réel dans un contexte de pression climatique accrue.
Le défi de 2026 n'est pas seulement de reconstruire ce qui existait, mais de bâtir une économie plus résiliente et moins dépendante de la dépense publique conjoncturelle.
Pourquoi c'est important
Mayotte, territoire français au cœur de l'Océan Indien entre l'Afrique de l'Est et Madagascar, occupe une position géographique stratégique. Sa reconstruction représente une opportunité pour les entreprises régionales du BTP, des matériaux et de l'ingénierie — notamment depuis La Réunion, Maurice et la Côte est malgache. Les appels d'offres publics liés à la reconstruction méritent l'attention des opérateurs de l'OI.