Mamoudzou, 26 août 2026 — Sébastien Lecornu est arrivé à Mayotte ce mercredi pour un déplacement de 48 heures consacré à la reconstruction post-cyclone Chido. Un an et demi après la catastrophe, le constat est sévère : sur les 674 millions d'euros budgétés pour la reconstruction, seulement 11,7 % des crédits ont été effectivement dépensés en 2026.
Des blocages structurels
Le Premier ministre a reconnu que « la reconstruction ne va pas assez vite ». Les obstacles sont multiples : procédures administratives lentes, désordre foncier persistant, déficit d'ingénierie locale et délais de paiement qui découragent les entreprises locales. Ces freins expliquent qu'en dépit d'une enveloppe budgétaire conséquente, l'île reste partiellement sinistrée.
La situation est d'autant plus préoccupante que Mayotte — département le plus pauvre de France — était déjà confrontée à des défis structurels majeurs avant le passage du cyclone Chido en décembre 2024.
Des engagements « définitifs et irréversibles »
Face à ces constats, Lecornu a annoncé une série de projets structurants qualifiés de « définitifs et irréversibles » : construction d'un second hôpital, extension du Centre hospitalier de Mayotte (CHM), réalisation d'un nouvel aéroport, construction d'un pénitencier, déploiement d'une usine de dessalement et création d'une retenue collinaire. Ces chantiers seront progressivement engagés d'ici 2027.
Un comité de suivi mensuel
Pour accélérer l'exécution budgétaire, un comité ministériel interministériel se réunira désormais chaque mois sous l'autorité de Matignon. Des indicateurs de résultats seront publiés régulièrement. Le Premier ministre a annoncé son retour sur l'île en début 2027 pour évaluer les avancées.
Pourquoi c'est important
Pour les acteurs économiques de l'Océan Indien, la reconstruction de Mayotte est un enjeu qui dépasse les frontières de l'île. L'archipel est un point d'entrée stratégique entre la zone Afrique orientale et l'Océan Indien. Une reconstruction efficace et rapide permettrait d'y développer des infrastructures économiques durables, d'attirer des investissements dans la filière pêche, le tourisme et le numérique, et de consolider la présence française dans un bassin géostratégique en pleine recomposition.
Source : Le Journal de Mayotte (26 août 2026)