Fin août 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est rendu à Mayotte avec plusieurs ministres pour annoncer de nouvelles mesures d'accélération de la reconstruction post-cyclone Chido. Dix-sept communes font l'objet d'un suivi individualisé. Au total, 4 milliards d'euros ont été engagés dans la stratégie quinquennale 2026-2031, mais c'est la concrétisation sur le terrain qui mobilise désormais l'attention.
L'eau, urgence absolue : 730 millions d'euros sur six ans
L'enveloppe eau pour la période 2025-2031 est fixée à 730 millions d'euros. Les premières mesures sont immédiates : installation de 90 cuves dans les écoles, aide à 13 000 foyers vulnérables dès janvier 2027. L'usine de dessalement d'Iron Bé est attendue pour le premier trimestre 2028, tandis qu'une troisième retenue collinaire doit être livrée fin 2027. L'accès à l'eau demeure le défi le plus aigu pour la reconstruction.
Éducation : 308 classes et deux lycées
Le plan prévoit 308 nouvelles classes pour l'année scolaire 2026-2027, ainsi que la création de deux lycées supplémentaires — dont un à Longoni spécialisé dans les métiers du bâtiment. À l'horizon 2030, 3 600 places supplémentaires en collège et 6 400 en lycée seront créées pour absorber la démographie galopante de l'archipel.
Une économie portée par la reconstruction
Un an après Chido, l'économie mahoraise présente un profil paradoxal. Les importations ont bondi de 26 %, dépassant pour la première fois 300 millions d'euros, portées par les besoins du BTP et de la reconstruction. L'inflation est stabilisée à 1,3 %. Mais l'IEDOM souligne que « la croissance repose avant tout sur un effort exceptionnel de reconstruction et sur la dépense publique » — une base fragile à terme si elle n'est pas relayée par un tissu économique productif diversifié.
Santé et sécurité dans la feuille de route
Le CHM (Centre hospitalier de Mayotte) bénéficiera d'extensions incluant de nouveaux blocs opératoires et une maternité renforcée. Un hôpital à Combani est prévu pour 2030. Une école de sages-femmes doit ouvrir entre 2027 et 2028. Sur le volet sécuritaire, le gouvernement annonce le démantèlement du camp de Tsoundzou et le lancement de l'opération « Kingia 2 » à l'automne.
Pourquoi c'est important
Mayotte illustre un défi structurel : transformer une dépense d'urgence en développement durable. Les 4 milliards engagés représentent une opportunité historique de doter l'île d'infrastructures modernes — eau, éducation, santé, routes. Mais le risque est réel de rester dans une économie d'assistance si l'investissement productif privé ne prend pas le relais. Pour les entreprises de la région, notamment réunionnaises et mauriciennes, Mayotte constitue un marché de reconstruction à forte demande pour les cinq prochaines années.
Sources : Le Journal de Mayotte (28 août 2026), Mayotte Hebdo, la1ère.franceinfo.fr, IEDOM.