[MAYOTTE] La reconstruction post-Chido relance l'économie, mais les fragilités demeurent

Un an et demi après le cyclone Chido, l'économie mahoraise redémarre sur les chantiers. Importations +26 %, inflation à 1,3 %, loi de programmation 2026-2031 à plusieurs milliards d'euros — mais chômage élevé et dépendance à la commande publique.

Un an et demi après le cyclone Chido, l'économie mahoraise redémarre sur les chantiers de reconstruction. Les importations bondissent de 26 %, l'inflation reste contenue à 1,3 %, et la loi de programmation 2026-2031 engage plusieurs milliards d'euros pour refonder l'archipel. Mais le rebond est fragile : le chômage demeure élevé, l'agriculture peine à se relever et la dépendance aux financements d'État reste structurelle.

Le BTP propulse le rebond

La reconstruction post-Chido propulse le secteur du bâtiment et des travaux publics. Les importations atteignent un niveau inédit de plus de 300 millions d'euros, en hausse de près de 26 %, portées par les matériaux de construction, les équipements et les biens de consommation nécessaires aux réparations. Le crédit bancaire repart à la hausse, notamment les prêts à la consommation, qui financent les travaux des ménages sinistrés.

Une inflation contenue, des prix alimentaires sous pression

L'inflation s'établit à 1,3 % en moyenne sur l'année, un niveau inférieur à la métropole. Mais les tensions restent présentes sur les produits alimentaires, dans un territoire qui importe la quasi-totalité de sa consommation. Les risques d'accélération existent : tensions géopolitiques et hausse des coûts maritimes constituent des facteurs exogènes difficiles à maîtriser localement.

La stratégie quinquennale 2026-2031 : l'État comme seul moteur

Le gouvernement a engagé une stratégie quinquennale de reconstruction et de développement pour Mayotte, dotée de plusieurs milliards d'euros. Cette loi de programmation ambitionne de moderniser les infrastructures et de réduire les vulnérabilités de l'archipel à moyen terme. Mais cette dépendance aux financements publics constitue à la fois un filet de sécurité et une limite : si le secteur privé local ne se développe pas en parallèle, la croissance restera tributaire des dotations budgétaires.

Pourquoi c'est important

Mayotte reste le territoire de l'Océan Indien le plus exposé aux vulnérabilités économiques et sociales. Le rebond de 2026 est réel mais fragile — il repose presque exclusivement sur la commande publique. Pour que la dynamique devienne durable, l'enjeu est de construire un tissu économique privé capable de résister aux prochains chocs climatiques et d'exploiter le potentiel touristique et maritime de l'archipel.

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