Lors de la conférence WIO Futures 2026 organisée par le Charles Telfair Centre, le ministre mauricien de l'Agro-industrie Arvin Boolell a dévoilé l'ambition de Maurice dans le domaine de l'économie bleue : porter sa contribution de 10,5 % à 20 % du PIB d'ici 2035. Un objectif ambitieux, soutenu par une ZEE de 2,2 millions de km² et une nouvelle législation en préparation.
L'océan au cœur de la stratégie économique
L'économie bleue mauricienne contribue déjà à hauteur de 10,5 % au produit intérieur brut de l'île. Mais Maurice vise bien plus large. Une nouvelle stratégie nationale de l'économie bleue était attendue dès juillet 2026, et une législation spécifique est en cours d'élaboration pour encadrer ce secteur en expansion. Ces jalons s'inscrivent dans une transformation structurelle qui dépasse le cadre de la pêche traditionnelle pour embrasser des activités à forte valeur ajoutée.
La ZEE mauricienne couvre 2,2 millions de km², auxquels s'ajoute un plateau continental partagé d'environ 400 000 km² avec les Seychelles. Cette vaste emprise maritime constitue un actif stratégique majeur, encore largement sous-exploité. Les secteurs ciblés par la stratégie incluent les énergies marines renouvelables, les biotechnologies côtières, l'aquaculture durable, les minéraux sous-marins et le tourisme de croisière responsable.
Objectifs 2035 : PIB bleu et énergie renouvelable
Au-delà de l'économie bleue, Arvin Boolell a confirmé l'ambition de porter à 60 % la part des énergies renouvelables dans le mix électrique mauricien d'ici 2035. La conférence WIO Futures réunit scientifiques, décideurs politiques, diplomates et représentants du secteur privé autour de la gouvernance de l'Océan Indien occidental. Une aire marine protégée est également envisagée autour de l'archipel des Chagos, ce qui pourrait renforcer le profil de Maurice en matière de gouvernance océanique internationale.
Pourquoi c'est important
Doubler la contribution de l'économie bleue au PIB d'ici 2035 n'est pas un objectif symbolique : c'est un projet de transformation économique profonde. Pour Maurice, dont le secteur financier fait face à des pressions réglementaires internationales croissantes, l'économie bleue représente une diversification crédible vers des secteurs à forte valeur ajoutée et moins exposés aux risques de conformité fiscale. Pour les autres pays de l'OI — Seychelles, Madagascar, Réunion, Comores —, la stratégie mauricienne fixe un cap qui pourrait inspirer des politiques régionales convergentes.