La Banque de Maurice a maintenu son taux directeur (Key Repo Rate) à 4,75 % lors du Comité de politique monétaire du 12 août 2026. Une décision unanime qui traduit une posture de prudence alors que l'inflation repart à la hausse et que la croissance économique reste sous pression.
Une inflation qui rebondit
Le signal d'alarme vient des prix : l'inflation en glissement annuel est remontée à 4,4 % en juillet 2026, contre 3,7 % en juin. Le Comité note que l'inflation sous-jacente reste « élevée » et que « les risques sont orientés à la hausse ». En clair, la banque centrale hésite à baisser ses taux dans un environnement où la pression sur les prix demeure incertaine.
Pour 2026, la Banque de Maurice a légèrement révisé à la baisse sa prévision d'inflation à environ 5 % (contre 5,5 % initialement), intégrant notamment les subventions budgétaires sur les produits de base annoncées dans le Finance Bill.
Une croissance à 2,8 % sous surveillance
La croissance économique de l'île est projetée à 2,8 % pour 2026, un chiffre maintenu par rapport aux estimations de mai. Elle reste portée par deux piliers : le tourisme et les services financiers, même si l'activité a ralenti au premier trimestre. Les tensions géopolitiques mondiales, les perturbations des chaînes d'approvisionnement et un affaiblissement potentiel de la demande extérieure constituent les principaux risques baissiers identifiés.
La logique d'attente
Après une hausse de 25 points de base décidée en mai 2026, le Comité de politique monétaire a choisi d'observer. La formulation retenue résume bien l'état d'esprit : adopter « une posture prudente et attentiste permettant d'évaluer les données entrantes, les risques sur l'inflation et la croissance, et l'impact des mesures précédentes ».
Cette approche pragmatique signifie que la Banque de Maurice ne s'engage ni sur une prochaine hausse ni sur un assouplissement à court terme. Elle reste en mode écoute dans un environnement mondial qu'elle qualifie elle-même de « très incertain ».
Pourquoi c'est important
Pour les entreprises et les ménages mauriciens, le maintien du taux à 4,75 % prolonge les conditions de crédit actuelles. Pour les investisseurs, c'est un signal de stabilité monétaire dans une île qui cherche à consolider son positionnement comme hub financier africain face à la concurrence de Dubaï et Singapour. La prochaine réunion du Comité sera scrutée de près : si l'inflation repasse au-dessus de 5 %, une nouvelle hausse ne peut être exclue avant la fin de l'année.
Source : Banque de Maurice / TradingEconomics, 12 août 2026