Antananarivo a accueilli les 13 et 14 août 2026 le Moris-Mada Business Connect Summit, le plus grand forum économique bilatéral jamais organisé entre Maurice et Madagascar. Cinq cents entrepreneurs, investisseurs et décideurs des deux îles se sont retrouvés au Centre de Conférences International d'Ivato pour transformer des échanges commerciaux en accords concrets.
255 millions de dollars d'échanges à consolider
Les échanges commerciaux bilatéraux entre Maurice et Madagascar atteignent aujourd'hui 255 millions de dollars, un volume qui témoigne de l'interdépendance croissante des deux économies de l'Océan Indien. Pourtant, pour les organisateurs — la Chambre de Commerce et d'Industrie Maurice-Madagascar (CCimm), l'AIOCCI et la FCCim —, ce chiffre reste bien en deçà du potentiel réel des deux pays.
« Notre objectif reste la signature d'accords, voire de contrats », a déclaré le directeur des opérations de la CCimm lors de l'ouverture du sommet. Une ambition que partagent les ministres présents : Ny Riana Nampoina Raharimanjato (Industrialisation, Madagascar) et Muhammad Reza Cassam Uteem (Travail, Maurice), réunis sous le haut patronage du Premier ministre malgache Mamitiana Rajaonarison.
Agriculture, vanille, bois et numérique : les secteurs prioritaires
Quatre filières concentrent l'essentiel des opportunités identifiées : l'agriculture et l'élevage, la vanille — dont Madagascar est le premier producteur mondial —, le bois industriel et les pierres, ainsi que l'infrastructure numérique. Ce dernier secteur s'impose comme le fil conducteur de la nouvelle relation économique entre les deux îles.
Yas Business, partenaire officiel du forum, a présenté ses infrastructures : 12 000 kilomètres de fibre optique et quatre câbles sous-marins internationaux — dont le câble Metiss, qui relie directement Taolagnaro à Maurice. Pour les opérateurs des deux îles, cette connectivité physique devient un levier aussi stratégique que les routes commerciales traditionnelles.
Pourquoi c'est important
Maurice cherche à consolider son rôle de hub régional en Afrique subsaharienne, et Madagascar représente un marché de 30 millions d'habitants aux ressources naturelles considérables. La rencontre d'Ivato illustre une tendance de fond : les économies insulaires de l'Océan Indien cessent de se regarder comme des concurrentes pour construire une complémentarité industrielle et digitale. Dans un contexte de recomposition des chaînes d'approvisionnement mondiales, l'axe Port-Louis–Antananarivo pourrait devenir un couloir d'affaires structurant pour toute la région.
Sources : Newsmada, Le Mauricien, Agence Xinhua — 13-14 août 2026.