Le Fonds monétaire international (FMI) a publié ses conclusions de la consultation au titre de l'Article IV pour Maurice, appelant l'île à accélérer le désendettement budgétaire et à renforcer l'autonomie institutionnelle de la Banque de Maurice. Un rapport qui arrive dans un contexte d'incertitudes mondiales et de pression sur les finances publiques.
Un cadre monétaire à consolider par la loi
Le FMI recommande l'adoption d'amendements législatifs visant à renforcer l'indépendance de la banque centrale — un chantier attendu depuis plusieurs années. L'institution préconise également «une communication plus détaillée sur les perspectives économiques et l'évaluation des risques» pour améliorer la crédibilité de la roupie mauricienne sur les marchés internationaux.
Le dossier MIC au cœur des préoccupations
Le Mauritius Investment Corporation (MIC), créé pendant la pandémie pour soutenir les grandes entreprises en difficulté, est dans le collimateur du FMI. L'institution demande le retrait progressif de la Banque de Maurice du MIC, avec un remboursement d'environ 30 milliards de roupies prévu sur 2026. Les ventes nettes de devises étrangères par la banque centrale ont déjà été réduites de 0,4 milliard de dollars (2024) à 0,2 milliard (2025), signe d'un premier assainissement.
Réduire la dette, garder la flexibilité
La consultation Article IV appelle Maurice à mettre en place un plan ambitieux d'assainissement budgétaire. La gestion du taux de change devra devenir plus flexible, avec des interventions de la Banque de Maurice limitées aux seules situations de crise de liquidité. La préservation d'un niveau adéquat de réserves extérieures est présentée comme une priorité absolue pour maintenir la confiance des marchés.
Le gouvernement en accord sur les grandes lignes
Les autorités mauriciennes «partagent les principales recommandations» du FMI, selon le communiqué officiel publié à l'issue de la consultation. Elles s'engagent à resserrer la politique monétaire si les pressions inflationnistes s'intensifient, et reconnaissent le potentiel de modernisation du cadre analytique et de communication de la Banque de Maurice.
Pourquoi c'est important
Maurice s'est imposée comme la principale place financière de l'Océan Indien. La crédibilité de sa banque centrale conditionne directement l'attractivité du pays pour les gestionnaires de fonds internationaux, les entreprises africaines qui y domicilient leurs holdings et les flux de capitaux en transit vers le continent africain. Des réformes institutionnelles bien menées pourraient consolider la notation souveraine de l'île et renforcer sa position face à la concurrence de Singapour et de Dubaï sur les financements africains.
Sources : FMI, Defi Media, ION News.